Mes peurs.

Publié le par teparlerdemavie

Mes peurs.

J’ai compris récemment que ce qui régissait ma vie dans tout ce qu’il y avait de plus moche, de plus triste, de plus paralysant… c’était la peur.

La peur de tout.

La peur du vide, de l’inconnu.

La peur de l’abandon, de la solitude. La peur de mes dépendances… affectives, financières, alimentaires…

La peur de ne plus avoir rien à dire. Jamais.

Oui, c’est celle-là ma plus grande peur : ne plus avoir rien à dire, devenir creuse de l’intérieur, asséchée, stérile… morte.

J’ai pris conscience de cette réalité lorsque j’ai repris l’écriture sur mon blog. Mon bonheur était si grand que je tournais et retournais sans cesse dans ma tête les raisons qui avaient pu mes pousser à l’abandonner aussi brutalement, quitte à en souffrir.

Pourquoi cette fascinante aptitude à me couper de ce qui me nourrit si profondément ?

Mes questions restaient sans réponse et puis, m’est venue ma première angoisse : qu’allais-je pouvoir écrire demain ?

Peut-être rien, qu’y a-t-il de dramatique à manquer d’inspiration un jour ou deux ? Oui mais… et si ça durait plus longtemps ? Si ma vie devenait si vide que je n’avais plus jamais rien à raconter ? Et si…

Et ce fut pour moi une révélation.

J’avais, par le passé, préféré fuir, me coupant du plaisir indicible d’écrire, plutôt que de tomber dans ce trou béant jonché d’angoisses qui avaient pris racine dans mon esprit et avaient noué de belles tresses d'incertitude.

J’ai peur de ne plus avoir d’inspiration.

J’ai peur de la page blanche.

J’ai peur de perdre mes mots, mon vocabulaire, ma syntaxe.

J’ai peur de me perdre moi-même dans un discours qui ne me ressemblerait plus.

J’ai peur de tomber dans une écriture facile et sans intérêt.

J’ai peur mais je sais une chose : aujourd’hui, j’ai envie de regarder cette peur en face et de lui dire que je la vois, que je la reconnais, que je ne l’ignore plus ni ne la fuis mais que je ne la laisserais plus gagner et m’emporter loin de ce qui est ma vie et mon plaisir, à savoir l’écriture, sous quelque forme que ce soit. 

 

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Mamancadeborde 09/03/2015 09:26

Comme tu le sais je suis une blogueuse culinaire donc la page blanche je ne connais pas...par contre je te comprends bien car la peur m'envahit souvent...et du coup me paralyse pour avancer. Je sais que c'est le mental qui joue et je travaille dessus mais c'est dur dur...dépasser ses peurs c'est essentiel pour avancer et vivre ! Bravo. Tu as réussi ! Bises

teparlerdemavie 10/03/2015 07:07

De comprendre que c'est le mental qui crée et nourrit nos peurs, c'est important pour renverser le processus. Plus on prend confiance en soi moins nos peurs ont du pouvoir sur nous. Mais tu as raison, c'est un sacré travail à faire sur soi. Bon courage.
Bise

laplume 12/02/2015 18:01

Je découvre ton blog en lisant quelques billets en plus de tes billets récents.
C'est un vrai plaisir de te lire et surtout de lire des mots sur des ressentis communs.
L'angoisse de la page blanche est un classique, et pourtant, la vie nous prouve plus d'une fois que nous aurons toujours un petit quelque chose à raconter, même après un petit temps d'absence.
Bonne continuation et à bientôt,
Laplume

teparlerdemavie 13/02/2015 09:46

Tu as tellement raison. Si on retire l'affect de l'équation, on prend conscience que bien évidemment, on a toujours quelque chose à raconter. Parfois mes peurs sont si peu rationnelles mais elles existent alors j'apprends à les écouter et à en comprendre le sens.
Bise

Avec un grand A 28/01/2015 10:15

Pour écrire par ailleurs, je peux comprendre ta crainte, même si la mienne peut plus s'apparenter à la peur de ne pas être lue, finalement ;-)

teparlerdemavie 28/01/2015 11:00

Oui, la peur de ne pas être lue, c'est un peu la peur de ne pas être vue, de tomber dans l'oubli, d'être ignorée... c'est quelque chose qui me parle même si bizarrement, j'ai sûrement plus peur d'être lue car c'est comme me retrouver en pleine lumière, je me sens exposée et apeurée comme un lapin prit dans les phare d'une voiture. Oui, c'est paradoxal...
Merci pour tes mots.
Bise

Corinne (Couleur Café) 28/01/2015 08:01

Je pourrais avoir écrit cet article tellement je suis comme çà aussi. Pour moi, la peur des autres, la peur de sortir de ma zone de confort, la peur de tellement de choses ...

teparlerdemavie 28/01/2015 11:01

Cette zone de confort, elle se rétrécit comme un peau de chagrin chez moi. Il est temps que je l'étire un peu, que je joue sur son élasticité...
Bise

La Miss Tamara 27/01/2015 20:20

Très beau billet ! Je te comprends car, moi aussi, je ressens souvent ces sentiments oppressants. N'abandonnes jamais le combat ! Si ça peut t'aider voici un de mes billet sur le même thème https://lamisstamara.wordpress.com/2014/10/16/le-syndrome-de-la-page-blanche-et-son-remede/. Belle soirée et à bientôt.

teparlerdemavie 28/01/2015 11:02

Merci, je vais allez lire ton billet.
Bise

Rachel 27/01/2015 19:34

Très bel article! Comme je te comprends! Tu as pris la bonne décision: aller au delà de sa peur, la vaincre et avancer!

teparlerdemavie 28/01/2015 11:03

La peur te gâche tellement la vie. Et moi, j'ai envie de vivre!
Merci pour tes mots.
Bise