Perdre du poids.

Publié le par teparlerdemavie

Perdre du poids.

Les mots qui sortent de notre bouche ont parfois une incidence dont on n’a pas forcément conscience. C’est comme ça que je me suis retrouvée un jour à utiliser le verbe « perdre » en parlant de mon ventre (mon poids, du point de vue général n’a plus d’importance à mes yeux, seul mon ventre bien trop arrondi à mon goût, me pose problème).

Je disais donc à mon thérapeute (un spécialiste du ventre, ça tombe bien, c’est ce qui a tendance à m’obséder) que j’avais ce désir, plus ou moins tenace selon les jours, de perdre ne serait-ce que quelques centimètres de tour de ventre.

Et là, son sourire m’a fait comprendre que j’avais lâché une bourde sans bien savoir laquelle. Me vient alors le besoin de me justifier « ce ventre, j’ai bien le droit de le vouloir un tantinet plus plat, non ? En quoi ma requête est-elle exagérée ? » Et j’ajoute à ma précédente revendication, à savoir « perdre du ventre », qu’avec tout le travail que j’ai entrepris sur moi ces dernières années, je suis, tout de même en droit de formuler un désir aussi légitime.

Non ?

Et là, il m'explique : si vous pensez "perdre du ventre", peut-être en perdrez-vous un peu (ou beaucoup) à un moment donné mais vous finirez toujours par le reprendre.

Il y a franchement des moments où le discours de vérité des thérapeutes est un brin pénible et démoralisant.

Mais, il poursuit (en ignorant mes épaules lâcher brutalement sous le coup de la déception) : le cerveau humain ne peut pas accepter de "perdre" quelque chose, que ce soit du ventre, du poids, de l'argent ou n'importe quel objet, et il fera tout pour regagner ce qu'il a perdu. Pensez aux joueurs de casino qui perdent et se mettent à jouer de façon compulsive pour pouvoir regagner ce qu'ils ont perdu. La perte crée la panique et le besoin de regagner ce que l'on a perdu.

Là, j’avoue avoir tendu une oreille intéressée, mes épaules, soudain au garde à vous.

Le cerveau n'entend pas "gras" quand on parle de perdre du poids mais seulement "perdre". Alors tant qu'on reste figée dans l'idée qu'il nous "faut perdre du poids", ça peut fonctionner sur le coup mais on finit toujours par tout reprendre. On cherche instinctivement, de façon totalement inconsciente à regagner ce que l’on a perdu.

Il m'explique : « changez votre vision des choses, votre vocabulaire, vos pensées... et dites : je veux gagner en sérénité. Ça peut être aussi, je veux gagner en harmonie physique, en plénitude... n'importe quelle phrase qui est positive et qui plaît au cerveau qui y voit un challenge excitant ».

Il ne prend plus peur car c'est la peur qui nous fait reprendre le poids que l'on "perd" à chaque fois.

Et tous les discours dont on nous matraque à longueur de temps sur le poids engendrent une peur (qui peut virer à la grosse panique) dans notre cerveau archaïque qui va tout mettre en œuvre pour calmer ces peurs en cherchant à gagner et non à perdre.

Et c’est comme ça qu’on se retrouve la tête enfouie dans le placard à chercher comment regagner ce que l’on avait durement perdu car hors de question de fêter une défaite aussi jouissive soit-elle, non la gagne est tout ce qui nous intéresse.

Alors cessons de vouloir perdre une partie de nous et cherchons, au contraire à gagner la confiance de notre corps pour en faire le meilleur des alliés au lieu de notre pire ennemi.

La victoire quoi qu’il arrive !!

 

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salle de sport la test de puch 23/11/2016 15:47

Très bon article, je recommande :)

matchingpoints 19/01/2015 16:32

Ce qui expliquerait donc les régimes yoho parce que l'on veut récupérer ce que l'on a perdu ?
Une idée séduisante, mais en allemand par exemple on utilise moins systématiquement le mot "perdre", on dit mincir. Mais utiliser un mot positif comme "gagner" parait une très bonne idée !

teparlerdemavie 19/01/2015 16:59

Je ne sais pas si c'est ça qui explique le yoyo d'après régime mais la panique qu'engendre une perte pousse l'organisme à refaire ses réserves pour récupérer ce qu'on lui a enlevé (parfois avec violence pour le cas de certains régimes restrictifs).
Tout ce vocabulaire que l'on emploie "mincir", "maigrir" donne le sentiment de perte d'une partie de soi (en tout cas, c'est quelque chose que je ressens profondément).
Bises

chocoladdict 19/01/2015 13:53

je trouve cela très intéressant ...je me bats avec mon poids depuis des années et peut-être qu'en effet c'est mon regard (et mon vocabulaire) que je dois changer en priorité ..merci pour ce partage !

teparlerdemavie 19/01/2015 14:18

Je suis comme toi, toutes ces années d'incompréhension et de lutte alors que l'une des solution réside dans l'approche que l'on a de notre poids à travers ce qui nous fait peur, à savoir : le néant. Car c'est ça qu'il y a derrière "perdre", il y a : "abandonner une partie de soi", la laisser disparaître, fondre et creuser un vide et ça, notre cerveau n'est pas prêt à l'accepter (instinct de survie).
Bise

LMO 19/01/2015 12:14

C'est une vision des choses intéressante et qui me semble assez concrète! Merci de nous faire partager cette réflexion!

teparlerdemavie 19/01/2015 12:37

Sa démonstration m'a parue sensée et puis, j'ai remarqué que j'avais bel et bien tendance à compulser après avoir "perdu" du poids et je me suis longuement interrogée sur les raisons de ces auto-sabotages permanents (vu que je ne fais pas de régime, je ne voyais pas de raisons de ce besoin instinctif de "reprendre" ce que j'avais "perdu")
Merci de ton mot.
Bise

La Miss Tamara 19/01/2015 09:08

Très intéressant... Je n'avais jamais vu les choses sous cet angle... Merci !

teparlerdemavie 19/01/2015 12:38

Je n'y avais jamais songé non plus jusqu'à ce qu'il m'en parle.
Merci à toi.
Bises