S'écouter les uns, les autres.

Publié le par teparlerdemavie

S'écouter les uns, les autres.

J’ai souvent le sentiment de tricher lorsqu’on me demande comment je vais. Les émotions sont tout de même taboues chez nous, autour de nous. Personne n'a envie d’entendre que ça va mal, peut-être parce qu’on est soi-même déjà trop embourbée dans ses propres émotions, celles qu’on traine derrière soi comme des boulets. Alors, en plus, se taper celles des autres, pas vraiment envie. Peut-être est-ce parce qu’on n’a plus le temps à rien ou qu’on ne veut pas le perdre, ce précieux temps, à écouter son vis-à-vis ressasser ses malheurs.

Alors, lorsqu’on me demande comment je vais, je réponds « très bien » ou je m’en sors par une pirouette, une acrobatie de plus qui me donne le sentiment de toujours retomber sur mes pattes et accessoirement de soulager l’autre d’un poids énorme « ouf ! Celle-là, je ne vais pas à avoir à écouter ses problèmes durant des heures ». Pourtant, je me dis qu’il est plus facile d’aider et de soutenir les autres plutôt que soi.

J’ai toujours du mal à parler de moi, je reste sur la défensive, aux aguets, prête à suspendre mes paroles si je vois qu’elles dérangent ou n’intéressent pas mon interlocuteur. J’ai toujours tellement peur de déranger, d’outrepasser mes droits en osant dire ce qui ne va pas.

Et puis, il y a aussi ceux qui vont toujours plus mal que toi. Quoi que tu dises, il leur arrive toujours pire et j’ai connu ça aussi, ce besoin d’attirer l’attention et de tout ramener à soi. Je trouve ça si triste, que de solitude chez ces gens.

Et heureusement, il y a les amis. Ceux qui nous libèrent de nos mensonges et nous autorisent à être vrais. Ils nous écoutent sans arrière-pensées, nous comprennent et nous offrent ce merveilleux cadeau qui est de pouvoir tomber les masques derrière lesquels on se cache à longueur de temps, d'avancer à nue, sans fard. Et c’est tellement rare que j’avais envie de le souligner et de rendre hommage à tous les amis du monde entier, ceux dont l’empathie fait tant de bien.

Je crois qu'il est important d'apprendre à s'écouter les uns les autres avec simplicité, chacun avec ses capacités d'écoute, histoire de nous soulager mutuellement. Donner un peu de soi et de son temps.

Et il y a les jours où je n'ai pas à tricher car tout va réellement bien, et ces jours-là, je veux pouvoir les partager aussi. 

 

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PetitDiable 27/01/2015 09:20

ah ceux qui vont toujours plus mal que toi! J'ai une excellente amie qui n'a certes pas la vie faccile, mais elle est comme ça et je n'ose plus me plaindre à elle de quoi que ce soit!

teparlerdemavie 27/01/2015 19:04

Et ceux qui vont toujours mal nous font culpabiliser d'aller bien. ça n'est pas simple et mieux vaut savoir à qui on peut se confier sans ressortir frustrée de la conversation.
Bise