La communication non violente (suite et fin).

Publié le par teparlerdemavie

La communication non violente (suite et fin).

"Les mots sont des fenêtres (ou bien ce sont des murs)" de Marshall Rosenberg. Suite et fin.

4e composante : on apprend à demander aux autres ce que nous voulons de façon claire et précise. Commencer par utiliser un langage positif : dire ce que l’on veut plutôt que ce que l’on ne veut pas. La forme négative n’est jamais entendue correctement par l’interlocuteur. Si l’on dit « je ne veux pas telle chose », la personne, inconsciemment entendra « je veux cette chose ».

Combien de disputes ai-je eu avec mon mari à cause de cette incompréhension. Si je disais par exemple « je ne veux pas que tu partes ! », il me répondait invariablement « Tu veux que je parte, c’est ça ? » (dialogue de sourd et tapage de crâne contre les murs).

Ensuite, pour être sûre d’avoir été correctement comprise (que le message que nous avons émis est bien celui qui a été reçu), demander à son interlocuteur de nous faire savoir ce qu’il a entendu.

Ce passage est hyper important. Personnellement, je me suis rendue compte que ce que je disais n’était pas toujours écouté et entendu. Pour exemple, un jour ma fille m’annonce qu’elle souhaite venir avec moi lors d’une sortie que j’avais prévue le lendemain. Je lui ai dit que j’en étais ravie. Le lendemain, elle me dit que finalement, elle préfère passer la journée avec son copain. Je me suis alors sentie frustrée et abandonnée (oui, ma petite fille intérieure aime bien faire des apparitions intempestives). Je lui ai donc expliqué que j’étais déçue qu’elle ne m’accompagne pas et que j’aurais préféré qu’elle me prévienne à l’avance.

Et là, elle commence à se plaindre que je ne suis jamais contente, qu’elle ne peut pas faire ce qu’elle veut… en gros, elle me fait un bon caca nerveux. Alors que d’ordinaire, je me serais emportée moi aussi (ma fille a 18 ans, je précise), là, je l’ai regardé dubitative et lui ai demandé de me répéter ce que je lui avais dit (merci Marshall, tu as sauvé ma journée). Et elle me sort « tu m’as dit que je n’avais pa le droit d’aller voir mon copain ! »

Et tout à coup, j’ai compris pourquoi nous étions souvent en conflit elle et moi. Je lui ai donc répété mes mots : « je t’ai dit que j’étais triste de sortir seule, je ne t'interdis pas de voir ton copain, j’aurais juste préféré que tu me préviennes à l’avance de ton désistement ».

Au final, il m’a fallu redire par 3 fois mes paroles pour qu’elle les entende enfin. Ça s’est terminé par une réconciliation, elle s’est calmée dès qu’elle a compris que je ne l’accusais pas, elle, mais que j’exprimais seulement « mes » propres sentiments.

Je voulais donner cet exemple pour expliquer à quel point la communication est quelque chose de sensible et de délicat et si je ne lui avais pas demandé de répéter mes paroles, nous n’aurions jamais pu mettre les choses au claire.

Ensuite, après avoir exprimé nos besoins (attention à ne pas les exprimer sous forme d’exigences, le ton et la forme sont importants. Nos demandes doivent être sincères objectives car si notre seule intention est de changer les autres et leurs comportements pour qu’ils se plient à nos quatre volontés, ce n’est pas la CNV qui nous permettra de parvenir à nos fins), nous laissons la place à notre interlocuteur pour exprimer son ressenti, ses pensées et s’il est disposé ou non à entreprendre une action qui va dans ce sens.

Tout est dans la formulation, une demande abstraite, ambiguë, imprécise… n’aboutira jamais à une réponse claire et satisfaisante.

Jusqu’à maintenant, on n’a parlé que de nous et notre façon d’exprimer nos besoins mais la CNV, c’est aussi écouter l’autre. En CNV, quoi que disent les autres, n’entendre que : ce qu’ils observent, leurs sentiments, leurs besoins et ce qu’ils demandent.

L’idée est de se soustraire totalement de sa propre histoire (oui, on a le réflexe de tout ramener à soi et nos réponses concordent avec notre vécu et non celui de l’autre), de faire preuve d’une réelle empathie et d’être à l’écoute complète de l’autre. Bref, d’agir pour lui comme nous voudrions qu’il agisse pour nous. Et se mettre à sa place pour entendre et comprendre ses propos.

Un autre exemple personnel. Un jour, mon fils (14 ans) est rentré du collège très énervé, je lui demande alors ce qu’il lui arrive et il me répond que ses potes l’ont charrié parce qu’ils terminaient 1h avant lui (suite à l’absence d’un prof). Leur attitude l’avait mis en colère car il ressentait un profond sentiment d’injustice qu’il n’ait pas lui aussi un prof absent (oui, il a 14 ans !) et trouvait déplacé le comportement de ses potes. Alors pour le calmer, je lui ai demandé ce qu’il aurait fait s’il avait été à la place de ses amis et comment, lui, aurait-il réagi. Il s’est calmé et a commencé à sourire (je voyais sur son visage qu’il s’imaginait dans la situation inversée) en comprenant que lui aussi aurait agi de même. Bon, au final, sa colère est passée même s’il a geint encore un peu pour la forme en répétant que « ouais ok mais bon, c’est quand même injuste que… » (oui, il aime râler pour râler).

Alors pour résumer :

J’exprime avec honnêteté comment je me sens, sans formuler de reproches ni de critiques.

OBERSAVTION : Ce que j’observe (vois, entends, me rappelle, imagine – sans y mettre mes évaluations) qui contribue ou non à mon bien-être : « Lorsque je (vois, entends)… »

SENTIMENT : Comment je me sens (émotion ou sensation plutôt que pensées) par rapport à ce que j’observe : « Je me sens… »

BESOIN : Ce dont j’ai besoin ou qui touche à mes valeurs (plutôt qu’une préférence ou une action précise) qui éveille mes sentiments : « Parce que j’ai besoin de/j’accorde de l’importance à… » (là, Je demande clairement ce qui pourrait embellir/enrichir ma vie sans que cela soit une exigence).

DEMANDES : Les actions concrètes que j’aimerais voir : « Serais-tu d’accord de… »

Exemple (proposé dans le livre) : OBSERVATION « Lorsque je vois tes chaussettes sales trainer dans le salon, (EXPRIMER UNE EMOTION) je suis de mauvaise humeur, (BESOIN) parce que j’ai besoin de plus d’ordre dans la pièce que nous partageons. (DEMANDE) Alors, tu veux bien ranger tes chaussettes ou les mettre au sale ? ».

Et on reprend la même formule lorsqu’on écoute l’autre : J’écoute avec empathie comment tu te sens, sans entendre de reproches ni de critiques.

OBERSAVTION : « Lorsque tu (vois, entends)… »

SENTIMENT : « Tu te sens… »

BESOIN : « Parce que tu as besoin de/tu accordes de l’importance à… » (je reçois avec empathie ce qui pourrait embellir/enrichir ta vie sans que cela soit une exigence).

DEMANDES : « Voudrais-tu/aimerais-tu… ? »

J'aborderai sûrement des thèmes comme l'empathie, recevoir un compliment, gérer sa colère... de façon plus détaillée dans d'autres posts. ça fait partie de ma vie à présent, ça reviendra donc forcément sur le tapis à un moment donné.

En tout cas, j'espère que ce bref résumé (pas évident de tout condenser en si peu de lignes) vous aura donné un aperçu de ce qu'il est possible de faire pour mieux communiquer.

A vos paroles!

 

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Commenter cet article

Eleama O. 11/02/2015 13:44

Très intéressant, comme le premier article ! Et les exemples sont vraiment très instructifs, ça apporte un vrai plus ! :) Merci !

teparlerdemavie 11/02/2015 13:49

Mon expérience me prouve chaque jour qu'une bonne communication change énormément les choses.
Merci pour ton message. Bise

Paski 10/02/2015 17:12

A lire, à relire, à re-relire...
En fait, ça me semble assez logique et "facile" quand mon couple va bien (ça bloque principalement avec mon homme). Mais quand je suis déjà de mauvaise humeur... je suis incapable de revenir en arrière... à travailler, beaucoup, donc...
Merci à toi !

teparlerdemavie 10/02/2015 17:20

Lorsqu'on se sent excédée, il est important de prendre du recul au lieu de foncer dans le tas. On prend quelques minutes pour calmer ses émotions et on fait la petite gymnastique qui est de se dire : ce qu'il me dit n'est pas contre moi mais pour lui. Ou "je réagis parce que ses paroles ont réveillé une blessure en moi mais ça ne le concerne pas"... souvent on confond tout, on réagit avec notre propre histoire (avec des blessures pas toujours bien cicatrisées et qui resurgissent dans ces moment-là) et lorsqu'on calme la "bête" en nous (lol), on peut entendre ce que l'autre dit. Sans ça, c'est difficile.
Comme tout apprentissage, ça demande du temps et de la patience mais peu à peu on y arrive.
Bise

Aloès 10/02/2015 14:25

Avec le recul que j'ai aujourd'hui après avoir lu et suivi des ateliers Faber & Mazlish, je me rends compte que la CNV n'est pas très éloignée. Et je sais aussi que c'est exactement ce qui pêche chez moi : arriver à prendre du recul par rapport aux actes et paroles des autres. Et c'est quelque chose que je veux travailler, la CNV pourrait vraiment me permettre d'y arriver. Il faut juste que j'arrive à déconnecter ma fonction "je prends tout pour moi et je sur-réagis", c'est à dire faire passer la raison avant l'émotion quand j'écoute l'autre, je sais que c'est mon point faible.

teparlerdemavie 10/02/2015 17:31

Oui, la direction est la même entre les 2 méthodes. Je comprends parfaitement tes réactions, je suis pareille et c'est pour ça que je me suis lancée dans cette méthode car j'en avais marre d'avoir une mauvaise image de moi (j'avais parfois le sentiment d'être une harpie, c'était horrible).
L'idée pour désamorcer ses émotions exacerbées qui nous font sur-réagir, c'est de se mettre en retrait 2-3 minutes (c'est important, au départ, de faire cet effort, après ça devient plus naturel) et de regarder la situation presque d'un point de vue extérieur : "ok, il m'a dit ça, ça réveille ça en moi mais si je regarde la réalité en face, je vois bien que ce sont juste mes points sensibles qui appartiennent à mon histoire qui sont titillés. Alors si j'entends correctement ce qu'il exprime, je réalise que ce sont ses propres émotions, sentiments, souffrance... qu'il exprime et ça ne doit pas m'atteindre".
Bon, c'est un exemple mais l'important est de ne pas se laisser embarquer dans l'émotionnel. Et si c'est lors d'une conversation, on ne peut pas non plus s'isoler 2 minutes, là, on prend juste 1 ou 2 respirations le temps de s'apaiser intérieurement.
A froid, de toute manière, les mots ont toujours moins d'impact parce que l'émotion est désamorcer.
Bise

Reb 10/02/2015 11:44

Vraiment super interessant tes 2 billets ! Merci !

teparlerdemavie 10/02/2015 13:04

Merci à toi de prendre le temps d'écrire ces quelques mots.
Bise