La restriction alimentaire.

Publié le par teparlerdemavie

La restriction alimentaire.

Je lis souvent le témoignage de personnes qui sont en désamour avec leur corps qu’ils trouvent rond, gras, volumineux, dévalorisant, moche, dégradant, plantureux, voir répugnant et avec lequel ils entrent en conflit ouvertement en lui imposant des règles strictes, alimentaires ou sportives, histoire de tenter de le dominer, de le façonner selon une image idéalisée.

Et tout ce que ces tentatives de « dressage » rapportent, en dehors d’une souffrance physique et morale, c’est la prise de contrôle du corps qui refuse la mise en restriction et la combat. S’ensuit une lutte parfois impitoyable qui vire très vite à la guerre. « Ah ! Tu refuses de lâcher tes kilos, je vais te priver un peu plus et te faire courir plus loin ! » Comme s’il devait y avoir un chef (le mental) qui dirigerait sa troupe (le corps) d’une main de fer, un peu comme un militaire de camp de redressement qui terrorise ses jeunes recrues pour les casser et les plier à sa propre volonté.

Je peux en parler d’autant bien que je fus celle-là, il y a encore quelques années. Je me suis fait tant souffrir, je me suis tellement ignorée que je ne connaissais plus mon corps et qu’il a fini par se rebeller.

Aujourd’hui, j’avais envie de parler de la restriction alimentaire, celle qu’on s’impose en suivant un régime (ou une discipline) plus ou moins drastique, en laissant notre mental gérer nos prises alimentaires avec, vous savez cette petite voix insidieuse qui vient mettre son grain de sel dès que vous approchez du frigo et qui tue votre instinct, celui qui permet de manger à notre faim, en nous harcelant avec des phrases telles que « non, tu n’as pas droit de manger gras ou sucré », « il y a trop de calories dans cet aliment », « ça n’est pas encore l’heure de manger », « prive-toi si tu veux maigrir », « va courir au lieu de manger »… etc… Si on a fait, ne serait-ce qu’une semaine de régime dans sa vie, on la connait toutes cette petite voix (qui croit nous maintenir sur la bonne voie mais qui, sans le savoir, nous entraîne tout droit dans la restriction et accessoirement, nous pourrit bien la vie).
Je voulais revenir sur ce sujet car on tombe facilement dans la restriction (de façon consciente ou non). Et plus vite on s'en rend compte, plus vite on peut rectifier le tir et limiter les dégâts.
Déjà, il faut savoir que plus on a suivi de régimes, plus notre corps va se rebeller aux premiers signes de restriction. C’est aussi pour quoi les régimes ne fonctionnent pas sur le long terme. Lors d’une mise en restriction (consciente ou non), les signaux qui nous permettent de ressentir la faim s’allument pour contrer le projet de maigrir (l’organisme qui a connu la restriction suite aux régimes s’y oppose).
Il faut savoir que la restriction alimentaire joue sur notre métabolisme et notre humeur. Tout changement peut être un signe de restriction.

Comment savoir si on est en restriction ? Il y a plusieurs signes qui peuvent vous mettre sur la voie :
-Lorsque la perte de poids diminue ou qu’elle stagne (alors qu’on est au-delà de son poids génétique) car la  restriction alimentaire s’accompagne toujours d’une baisse du métabolisme qui cesse d’être performant.
-La restriction s’accompagne d’une augmentation de la faim (au fil des jours) et des obsessions (envies plus ou moins furieuses) de nourriture et si vous sentez que vous avez plus souvent envie de manger, ça peut-être un signe de restriction.
-La restriction s’accompagne de troubles comme des problèmes d’endormissement, de fringales la nuit, de sautes d’humeur (agressivité…), fatigue, sentiment d’ennui, déprime…
-La restriction s’accompagne aussi de troubles liées à l’altération des fonctions digestives : ralentissement de la digestion et du transit intestinal.
Il y aussi les sentiments qui entrent en compte : la restriction peut entraîner un sentiment de maîtrise, d’excitation, de puissance, d’euphorie… puis de manque pénible, de malaise, une sensation de vide… avec sensation de faim récurrente, fatigue plus ou moins intense (on peut aussi alterner les 2 : euphorie et volonté forte le matin et déprime le soir).
Et là, on finit toujours par craquer et par se jeter sur la nourriture avec une sensation d’estomac sans fond (incapacité à se rassasier), de foutu pour foutu… on peut aller jusqu’à la compulsion.
Et parfois, plus on craque, plus on souhaite reprendre la maîtrise de son alimentation (et même aller jusqu’à se restreindre encore plus). Mais la pensée obsédante de la nourriture se renforce. C’est une suite sans fin.
La régulation naturelle ne se fait pas dans la douleur. Si vous ressentez votre régulation comme une souffrance (avec sensation de faim, d’envie ou de manque récurrent), c’est qu’il y a de grandes chances que vous soyez en restriction alimentaire.
Alors rien n’est dramatique, il suffit de recommencer à manger dès que la faim se manifeste pour remettre son métabolisme en marche et redonner confiance à son corps qui finira par lâcher, tout naturellement, ses kilos en trop.
On ne peut pas lutter contre son organisme, c’est voué à l’échec. Apprenez à l’écouter, lui faire confiance et le satisfaire, c’est la seule façon de réussir.
Et soyez bienveillante et indulgente avec vous-même! Réaliser qu'on s'est mise inconsciemment en restriction n'est pas dramatique car le plus important est de le reconnaître et de l'accepter (au lieu de demeurer dans le déni et persister dans son erreur. L'orgueil est un puissant corrupteur). Et c'est le point de départ du vrai changement pour parvenir à la régulation naturelle sans effort. Sans cette prise de conscience, il ne peut pas y avoir de régulation durable et agréable.
S'alimenter n'est pas une lutte mais un plaisir. S'il y a lutte, posez-vous la question!

Dans le doute de savoir si l'on est à satiété ou non, il vaut toujours mieux manger trop que pas assez. Lorsqu'on mange trop, il suffira d'attendre que la faim revienne pour manger de nouveau. Alors que si l'on ne mange pas assez, là, il est beaucoup plus dur de parvenir à la régulation car on flingue en même temps son métabolisme. Et le processus pour rassurer notre organisme sur nos intentions (ne plus jamais le mettre au régime) prendra plus de temps.

Aider son corps à lâcher ses kilos excédentaires passe par la reconnaissance de ce qu’il est. Aimons-le, choyons-le au lieu de le faire souffrir car on obtient toujours plus d’un ami que d’un ennemi. 

 

LIEN PHOTO

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

Camille G 02/03/2015 15:48

super : justement j'ai découvert par une lectrice de mon blog le concept de manger plus et ne pas se restreindre... Je vais voir et j'en parlerai dans un prochain article ! Bises

teparlerdemavie 02/03/2015 17:13

Oui, plus on se restreint, plus notre métabolisme ralentit et pour remettre la machine en marche, la meilleure façon, c'est de recommencer à manger (donc plus de calories). ça peut paraître fou mais ça marche (et j'ai des exemples autour de moi).
J'ai hâte de lire ton article, ça m'intéresse).
Bise

Bellone 28/02/2015 15:31

L'idéal, c'est de manger à sa faim... mais sainement !
Ceci dit, j'ai beau appliquer cette règle, je craque parfois sur un bon repas de famille ou un bon resto en n'écoutant plus mon corps qui me dit "j'ai assez mangé" mais ma gourmandise qui me dit "reprend de cette chose délicieuse !"
Et s'en suit souvent la culpabilité d'avoir craqué et de ne pas avoir écouté son corps (parce qu'après, ça fait mal au ventre !) J'essaie de gérer ça pour l'instant et déculpabilisant et en me disant que je me reprends en main la semaine après un weekend d'excès... mais c'est dur ! Ce ne sont pas les 2-3 kg pris le weekend qui me font peur... c'est leur addition de weekend en weekend et le retour à mon poids d'il y a un an...

teparlerdemavie 01/03/2015 15:03

Je connais tellement ce dont tu parles et c'est quelque chose qui me tient à coeur : ne plus culpabiliser.
On est rongée par ses propres pensées nocives mais aussi par le regard des autres. Je suis certaine que sans ce regard qui juge nous serions plus en paix avec nous-mêmes.
Je te souhaite bon courage.
Bise

Rébecca 27/02/2015 16:08

Coucou,
Ici j'ai mis environ 6 ans pour refaire confiance en mon corps, avoir à nouveau confiance en moi, alors que j'avais entrepris un régime pour perdre 2 malheureux kg.
Je pense finalement que sous l'envie de faire un régime, il y a le besoin de contrôler et ce leurre permet probablement à certaines angoisses de se taire ou du moins, pendant un moment, parce que naturellement c'est une utopie.

Merci pour ce très joli billet.

teparlerdemavie 27/02/2015 16:22

Oui, tu as raison. Le besoin de "contrôle" prend naissance d'une situation qui nous échappe, qu'on ne maîtrise pas. Alors, on prend le contrôle de ce qui est vital pour nous : l'alimentation.
Lorsqu'on comprend cela (et qu'on comprend pourquoi), on peut commencer à se regarder différemment et à faire la paix avec soi-même.
Bise

Reb 27/02/2015 10:10

Je n'ai pas encore réussi à faire le cheminement dans ma tête pour entamer un régime .

teparlerdemavie 27/02/2015 13:07

Alors ne commence jamais. Il n'y a rien de pire que les régimes pour se bousiller le corps. Ecoute tes sensations, suis tes besoins, c'est le plus beau cadeau que tu puisses te faire.
Bise

sysyinthecity 27/02/2015 10:09

je suis en plein dedans....

teparlerdemavie 27/02/2015 13:10

Je sais à quel point c'est dur mais faire le choix, un jour, lorsqu'on est prêt (on ne l'est pas toujours, il faut parfois être patient avec soi-même pour attendre le bon moment), d'aller vers soi au lieu de se combattre, c'est s'offrir une opportunité d'être bien avec soi-même, de s'aimer et de faire un pas vers la paix entre ton corps et toi.
Bon courage.
Bise

JolieTesteuse 27/02/2015 09:19

Je me suis imposée un régime strict pendant quelques mois : résultat j'ai perdu près de 40 kilos MAIS à quel prix : j'étais triste, déprimée, épuisée, toujours sur les nerfs et surtout certainement pas plus heureuse que quand j'étais plus ronde....J'ai repris du poids, je ne suis ni maigre ni trop ronde et mon rapport à la nourriture est complètement chamboulé. Si je devais faire un bilan de tout ça je n'en sortirais que du négatif...

teparlerdemavie 27/02/2015 09:26

Se combattre, c'est se faire souffrir. Aller là où on souhaite se rendre avec amour apporte bien plus de résultats et de bonheur.
Merci beaucoup pour ton témoignage.
Bise