Pour ou contre la fessée.

Publié le par teparlerdemavie

Pour ou contre la fessée.

Je suis effarée de voir qu’en 2015 il y a encore des groupes de personnes qui prônent la liberté d’avoir le choix de punir son enfant avec une fessée.

Comment peut-on accepter de penser qu’une fessée puisse être un bon moyen d’éducation ? Je dis « penser » parce que j’imagine que ces gens qui en parlent ont réfléchi « froidement » à ce qu’impliquait une fessée sous prétexte de vouloir éduquer son enfant. On ne parle pas d’un geste inacceptable commis dans le feu de l’action, suite à la perte de contrôle d’un adulte qui soumet ainsi son enfant à son autorité. Non, on parle bien d’une réflexion à froid !

Je suis choquée d’entendre tous ces participants au débat raconter comment ils en ont reçu enfant et comme ça leur a permis de filer droit et d’obéir aux adultes.

Car c’est bien ça le problème, éduquer son enfant par la terreur du châtiment corporel, par l’humiliation, n’amène qu’à lui faire craindre l’adulte sans lui apporter une quelconque leçon éducative. Si pour l’adulte, son seul désir est de se faire craindre pour le mettre au pas, waouh ça prouve à quel point notre société va mal et qu’elle est restée coincée à l’époque médiévale.

Tout ça me rend tout simplement dingue. On sait que la violence engendre la violence. Et puis, ça commence par la fessée très jeune mais plus tard lorsque l’enfant atteint ses 10-12 ans, ça mène à quoi ?

Et où est l’amour dans tout acte violent ? Car oui, je trouve la fessée d’une violence extrême du point de vue de l’enfant qui la reçoit.

Alors je ne comprends pas ceux qui s’opposent à cette loi, je ne comprends pas ceux qui demandent que leur droit à commettre des châtiments corporels soit préservés, je trouve ça extrêmement déplacé.

Depuis le début de cette polémique, je suis choquée ! Notre pauvre pays a des façons bien particulières de se manifester. Après les « anti-mariage pour tous », voilà les « pro-fessée ». Ça nous promet un bel avenir de douceur et de démocratie !

Non, on ne rentre pas dans le crâne d’un enfant (car la fessée est principalement réservée aux jeunes enfants) des valeurs éducatives par la violence. Ces valeurs on leur inculque par le dialogue, la communication, la patience, l’explication, l’amour et uniquement ça !

Et quelle personne peut dire que ça n’a pas d’impact sur l’enfant ? C’est pourtant ce que j’entends depuis des jours. Alors pourquoi je m’en souviens encore moi-même et que ça me met en rage rien que d’y penser 40 ans plus tard ?

Et le truc extraordinaire, c’est d’entendre ceux qui disent « je n’ai pas le temps d’expliquer à mon enfant comment se comporter, une fessée a l’avantage d’avoir un effet immédiat ! »

C’est d’une tristesse absolue et je crois que chaque enfant mérite qu’on prenne le temps de lui expliquer les règles et les devoirs sans en arriver au châtiment corporel.

Peut-être que certains parents complètement désemparés auraient besoin d’une aide.

Alors oui, je suis pour cette loi, ne serait-ce que pour faire comprendre à chaque parent ou adulte que son comportement violent n’est pas acceptable et qu’il doit se remettre en question. Si ça peut les faire réfléchir, c’est déjà ça de gagné. L’enfant n’est pas un défouloir.

Éduquons les parents, apprenons-leur à communiquer et à respecter leurs enfants. Et apprenons à tous ces adultes qui prônent le châtiment corporel que d’ériger leur supériorité de la sorte n’est pas, à mon avis, très glorieux.

L’infant mérite qu’on lui fasse le cadeau d’être attentif à lui. L’amour a bien plus de valeur éducative que la violence.

 

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Rébecca 04/03/2015 14:34

Ahhh, tu penses bien que ton billet fait totalement écho en moi... Etant animatrice Faber&Mazlish, qui prône la CNV et le respect de tout un chacun sur Terre, forcément que d'entendre parler de fessée, ça me fait dresser les cheveux sur la tête!

En fait, le paradoxe, c'est qu'en voulant fesser leurs enfants, ils souhaitent être ainsi respecté, MAIS,comment peuvent-ils (ils sous entend les parents en question) obtenir du respect de la part de leurs enfants, s'ils ne les respectent pas??

La question que je pose à mes participants, généralement c'est la suivante: "Est-ce que vous, pour vous faire entendre ou respecter auprès de vos collègues, amis, patron, vous leur mettez une fessée?..."
ABE

Rébecca 05/03/2015 11:48

Merci pour ce que tu écris, ça me touche beaucoup!
Très belle journée! Avec de jolis rayons de soleil aujourd'hui!
Bises

teparlerdemavie 04/03/2015 14:49

Lorsque j'ai entendu tous ces commentaires (radios, télé...) sur ces personnes qui refusent qu'on leur retire ce droit à frapper son enfant, j'ai souvent pensé à toi et à ton désir d'aider les parents en difficulté pour qu'ils apprennent à comprendre et à aider leur enfant et le tout dans l'amour. Tes ateliers sont si importants pour tous ceux qui sont perdus (ou non) avec l'éducation de leurs enfants, tous ceux qui veulent leur permettre de grandir de façon épanouie.
Et tu as complètement raison : "ils souhaitent être ainsi respecté, MAIS,comment peuvent-ils obtenir du respect de la part de leurs enfants, s'ils ne les respectent pas??" C'est tellement vrai.
Merci pour ton commentaire, je suis vraiment heureuse que tu aies apporté ton point de vue (qui compte beaucoup pour moi).
Bise

Océane 03/03/2015 19:47

Pour moi c'est clair et nette : la fessée c'est une forme de violence ! Et je trouve que si on arrive pas à discuter, à désamorcer un conflit par le dialogue, avec son enfant, c'est le début des problèmes...

teparlerdemavie 04/03/2015 06:00

Tu as tellement raison!
Merci pour ton message.
Bise

Géraldine 03/03/2015 18:58

Je suis tout à fait d'accord sur le principe, il ne faut pas donner de fessées, mais faire une loi ne demande aucune mobilisation de moyens, c'est tellement facile et ça ne changera pas grand chose.
Ne faudrait-il pas réfléchir à des aides aux parents qui se sentent dépassés? L'éducation n'a rien de facile, elle ne s'inculque pas, et mettre la fessée en avant comme uniquement un aveu de faiblesse ou une infraction à la loi ne fait que faire encore plus culpabiliser ou enfoncer des parents qui ne trouvent pas de solution. Ou ils feront attention à ne pas être vus pour ceux qui y croient dur comme fer, pas mieux! Il y a beaucoup de choses à faire en ce qui concerne le monde de l'enfance et la maltraitance qui est un sujet grave, et encore une fois on choisit une option simple, gratuite, d'une efficacité qui me semble douteuse.

teparlerdemavie 04/03/2015 06:00

Oui, je comprends parfaitement ton point de vue. Il y a effectivement beaucoup de choses à faire mais puisqu'on a du mal à se bouger autant commencer par quelque chose qui, comme tu le dis, ne coûte rien. Peut-être ce premier pas pourrait faire prendre conscience à certains parents ce qu'implique de mettre une fessée.
Je trouve triste de devoir en passer par une loi, je trouve triste que certaines personnes ne prennent pas le recul nécessaire pour voir si leur comportement est correct, humain.
Oui, il y a beaucoup de choses à faire mais non, on ne choisit même pas une option simple puisque le gouvernement et une majorité des adultes sont contre.
Bise

marie kléber 03/03/2015 15:09

Comme tu le dis, à bout de force, ou sans le vouloir la main peut frapper, sans intention de faire mal. Je pense qu'en tant qu'adultes, il est de notre devoir de résister à cet élan et de régler les poblèmes en laissant la violence de côté. Je ne pense pas avoir éte traumatisée par les fessées ou claques reçues dans mon enfance, mais je sais que je redoutais le moment où je sentais que mes parents ne maîtrisaient plus la situation.
Je suis contre la fessée, que je trouve contre productive. Mes parents ont parfois du mal avec mes idées arrêtées. Ils sont de cette génération qui scande qu'une bonne fessée ou claque n'a jamais fait de mal à personne.
J'ai envie de dire, personne ne le sait vraiment. Le traumatisme n'est pas toujours visible. Chaque enfant réagit differemment.
Par contre ce que je trouve vraiment très grave ce sont les parents qui utilisent sciemment la fessée pour "eduquer leurs enfants". Ce n'est pas de l'éducation mais de la maltraitance. Et je crois qu'à ce niveau là il faut agir et protéger ces enfants, aider aussi les parents à comprendre pourquoi ce n'est pas acceptable.

teparlerdemavie 03/03/2015 15:15

Merci beaucoup pour ton commentaire que je partage complètement. Il exprime mes propres ressentis.
Bise

LMO 03/03/2015 14:30

Je partage entièrement ton avis... Tout le débat me dépasse...
Et l'Etat devrait être catégorique et strict, on interdit la fessée et on puni sévèrement les parents malktraitants (parce que c'est un gros problème en France, un enfant maltraité reste sans défense et sans protection... Quelque soit la maltraitance d'ailleurs...)

teparlerdemavie 03/03/2015 15:16

Oui, tu as tellement raison. Merci pour ton commentaire, j'apprécie que tu sois venue donner ton avis.
Bise

matchingpoints 03/03/2015 14:03

Sans vouloir défendre la fessée, loin de nous de défendre une violence quelle que soit sa nature, et encore plus contre un enfant ! Mais c'est souvent dans une réaction de se sentir "poussé à bout" que les parents se laisse aller dans ce genre de gestes. On se rappelle d'avoir reçu quelques petites tappes sur nos fesses et nous ne sommes pas traumatisées. Mais il faut lutter contre la mal traitance de l'enfant en général que ce soit physique mais aussi psychologique !

teparlerdemavie 03/03/2015 14:06

Oui, je fais bien la différence entre les 2. Et complètement d'accord avec ton commentaire.
Bise

Aloès 03/03/2015 13:10

Je pense que c'est compliqué pour ces adultes de remettre en question l'éducation subie ou l'éducation qu'ils reproduisent. J'ai la sensation que c'est pour cela qu'il y a beaucoup d'adultes qui ne comprennent pas cette volonté de faire une loi contre la fessée, que ça leur renvoie l'idée qu'ils sont de mauvais parents, d'où leurs réactions exacerbées.
Et puis aussi, je suis convaincue qu'ils ne savent pas comment ils pourraient faire autrement, et c'est là qu'il y aurait beaucoup à faire. Tant qu'ils penseront l'éducation comme une lutte entre celui qui sait (l'adulte) et celui qui ne sait pas (l'enfant) et que le dernier doit se conformer au premier et rentrer dans le moule sans se poser de question, il sera compliqué de leur faire changer de point de vue.
A notre façon, à travers nos écrits, peut-être que nous montrons aussi comment faire autrement ?!

teparlerdemavie 03/03/2015 13:57

Désolée pour les fautes d'orthographe.

teparlerdemavie 03/03/2015 13:55

J'aime beaucoup ton commentaire, il me semble très juste. Je trouve poignant l'adulte désemparé qui se culpabilise de mettre des fessées mais ne savent pas faire autrement mais je m'interroge sur ceux qui sont clairs dans leurs propos (j'ai entendu plusieurs auditeurs à la radio) et sont persuadés qu'il n'y a rien de tel qu'une bonne fessée pour faire comprendre sa bêtise à un petit enfant ou le faire taire lorsqu'il est trop bruyant.
Ce sont ces dérivent là qui m'inquiètent. Ce sont leurs certitudes qui me font froids dans le dos. Et je ne sais pas s'ils seraient capables de se remettre en question dans l'intention des enfants car dans le débat, ce qui me choque le plus, c'est que l'enfant est quasiment absent. Alors que c'est lui qui souffre en premier lieu.
Merci beaucoup pour ton témoignage.
Bise

Bellone 03/03/2015 12:14

Je me demande quand même si c'est possible d'expliquer à un enfant de 2-3 ans que ce qu'il fait est mal et pourquoi...
Personnellement je ne suis pas une traumatisée de la fessée, j'en ai reçues quelques unes (et ça se compte sur les doigts d'une main) dans mon enfance et je m'en souviens uniquement comme des moments où j'avais vraiment fait quelque chose de grave.
Mon grand-père m'en menaçait souvent de sa grosse voix en agitant sa main mais ne m'en a jamais données, par exemple. Mais ça faisait assez peur pour que je me calme :D Je n'ai pas l'impression que ses menaces étaient injustifiées, par contre. Je n'étais VRAIMENT pas sage pour qu'il s'énerve.
J'ai été plus "traumatisée" par des traitements et des remarques injustes que par les quelques claques que j'ai pu recevoir sur les fesses.
A la question de savoir si je le reproduirait sur mes enfants... Je n'en sais rien. J'aimerais l'éviter.

teparlerdemavie 03/03/2015 12:21

Si, je t'assure, il est possible de parler avec un enfant de 2-3. La communication (à travers le ton), ça marche dès la naissance et j'en sais quelque chose pour avoir vu mon pédiatre faire des miracles avec les miens.
Je respecte chaque position, mon avis diffère mais ça n'a pas d'importance à partir du moment où on se pose la question. tu te la poses, c'est déjà bien plus que beaucoup de gens.
Bise