La dépendance à la nourriture.

Publié le par teparlerdemavie

Pancakes adn Syrup by SezzySue

 

Comment devient-on dépendant à la nourriture? Pourquoi confondons-nous faim et fausse faim (aussi appelée faim émotionnelle)?

 

Si, dès votre plus jeune âge, on vous a donné de mauvaises habitudes, on vous a inculqué de fausses croyances, il y a de grandes chances pour qu'une fois adulte cela se poursuive.

 

Dès la naissance, si vos besoins en nourriture ont été satisfaits, que vous ayez été bercé quand vous en ressentiez le besoin et non nourri à chacun de vos pleurs, vous serez surement, plus tard un adulte régulé sans problème alimentaire.

 

Si, on contraire, tout au long de votre enfance, on vous a nourri pour combler une émotion, un malaise que vous ressentiez, il y a de grandes chances pour qu'une fois adulte vous soyez en difficulté pour savoir quand vous ressentez une vraie faim ou non.

 

Combien de mamans, de papas, d'adultes... pour consoler un enfant d'un bobo, d'une mauvaise note, d'un chagrin, lui propose un plus gros goûter, quelques bonbons, une douceur... comme réconfort.

 

Il ne s'agit pas, bien évidemment de fustiger qui que ce soit, bien au contraire, déculpabilisons ces adultes pour qu'ils réalisent que la nourriture n'est pas un moyen d'obtenir la tranquillité ou de calmer l'émotion d'un enfant. Seul l'amour, la tendresse, la présence, la communication peut calmer l'émotion d'un enfant.

 

Je me souviens, petite, ma mère n'était pas une femme très maternelle et lorsque nous nous écorchions le genou, comme elle ne savait pas nous soigner d'une bisou et d'un gros câlin, elle nous préparait des crêpes ou nous donnait notre dessert favoris.

 

Depuis, il m'est bien difficile, en cas de douleur, chagrin... de ne pas me consoler avec la nourriture.

 

Il y a aussi tous ces préceptes d'un autre temps qui nous éloignent de la régulation naturelle.

 

Les « tu dois finir ton assiette pour ne pas gâcher » nous poursuit jusqu'à l'âge adulte et nous continuons à finir inexorablement nos assiettes et nous dépassons ainsi très souvent notre seuil de satiété.

 

Combien de fois, j'ai fini l'assiette de mes enfants après avoir mangé la mienne pour ne pas gâcher la nourriture mais comme le dit Apfeldorfer : votre corps n'est pas une poubelle! Quelle différence y a-t-il au fond entre vider ses restes dans la poubelle ou les enfourner soi-même et les stocker (car tout ce que nous mangeons au-delà de notre satiété est stocké dans notre corps).

 

Utiliser la nourriture comme moyen de gérer ses sentiments ou ses émotions est voué à l'échec. On entre dans un cercle vicieux dont on a du mal à sortir. Manger permet d'éviter les soucis pendant un moment mais ne règleront en aucun cas le problème de fond qui aura tendance à s'aggraver.

 

Et il important de comprendre que dans ces cas-là, la volonté n'a aucun pouvoir.

 

On entend souvent qu'il suffit d'un peu de volonté pour perdre du poids, que c'est par manque de volonté que nous nous ruons sur la nourriture au 1er coup de blues. La volonté n'a rien à voir avec tout ça. Nous sommes tous des êtres de volonté et pourtant nous souffrons de sur-poids.

 

La volonté, ça marche un temps, on s'en aperçoit lors des régimes mais on ne peut pas tenir des années à coup de volonté. Au moindre obstacle qui se mettra en travers de notre route, les compulsions reprendront de plus belles et les kilos bien plus vite qu'ils n'étaient partis.

 

Le plus important pour cesser de manger autrement qu'avec une vraie faim est de comprendre ce qui nous pousse à manger sans faim, de le combattre en trouvant d'autres solutions que la nourriture.

 

Au fil du temps, on apprend à se connaître et à savoir ce qui peut nous combler. Toutes ces recherches, on les couchera sur un carnet et le moment venu, lorsqu'on ressent le besoin pressant de manger, on ressortira ce carnet et on utilisera tous les petits trucs qui peuvent nous permettre de combler cette émotion.

 

Ça peut être :

 

-Se plonger dans un livre pour libérer son esprit de l'obsession de la nourriture

-Affronter ses problèmes au lieu de les éluder et calmer ainsi ses sources d'angoisse (par exemple : prendre rendez-vous avec son banquier au lieu de s'enfiler un paquet de gâteaux, ne plus reculer encore et encore ses obligations, faire ses comptes, payer ses factures à temps... )

-Se relaxer : prendre un bain, prendre soin de son corps permet de se reconnecter avec lui et de ne plus avoir envie de le détruire en sur-mangeant)

-Sortir de chez soi, s'offrir une balade...

 

Au fil du temps les anciennes habitudes qui nous poussaient à manger disparaissent car nous comprenons qu'elles n'ont plus lieu d'être.

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Coucou 13/07/2011 08:15


"Affronter ses problemes au lieu de les eluder" : je me reconnais bien là une de mes sources d'hyperphagie, parfois on mange pour ne pas avoir à affrontrer des situations desagreables oubliant que
toi ou tard on devra le faire ... Par contre c'est vrai que prendre soin de soi nous aide a etre moins auto destructeur... Gros bisous, j'adore ton blog !!!


teparlerdemavie 13/07/2011 09:55



Merci coucou!


 



Coucou 12/07/2011 20:24


Bonjour, Je suis une hyperphagique moi aussi, la différence avec la boulimie c’est que je ne me fais pas vomir; mettre un nom sur ma maladie m’a demandé énormément de temps… J’en avais honte, je ne
voulais pas d’étiquette et pourtant si je l’avais mise j’aurais entrepris plus tôt la démarche pour guérir…J’ai crée une communauté « au quotidien en vrac » pour parler de notre vie mais aussi et
surtout de l’hyperphagie, je t’y invite toi et toutes celles qui se sentent concernées car ensemble on est plus fort.. . et on se serre les coudes !En parler est déjà un grand pas en avant et ça
fait tant de bien…Gros bisous ! Pour t’inscrire vas sur mon blog ou clique sur le lien ici :

http://www.over-blog.com/com-1185328401/Au_quotidien_en_vrac.html


teparlerdemavie 12/07/2011 22:28



Je fais aussi des crises d'hyperphagie depuis de longues années. Merci pour le lien, je vais y jeter un coup d'oeil!



Miss Zen 06/07/2011 21:56


Ce que je trouve terrible, c'est qu'on n'arrive plus à ecouter sa faim. Nous sommes tellement tout le temps solicites, envahis par la bouffe..... J'essaye de ne pas confondre faim emotionnelle et
faim reelle !


teparlerdemavie 07/07/2011 07:48



Oui, tu as raison, de la nourriture, il y en a partout et en abondance. Et souvent, on ne sait même plus si on a faim ou non.



Onee-Chan 06/07/2011 19:03


C'est un très joli article !


teparlerdemavie 06/07/2011 20:06



Merci onee-chan.



MarlouChou 06/07/2011 13:20


Et bien, c'est difficile ça...j'adore le grignotage mais mes gênes jouent en ma faveur...nous ne sommes pas tous égaux là-dessus...enfin nous ne sommes égaux sur rien en fait! Biz


teparlerdemavie 06/07/2011 13:38



Moi aussi j'aime bien grignoter (j'aime bien manger, c'est un vrai bonheur pour moi) mais mon corps, ça ne lui plaît pas des masses!



Madame Parle 06/07/2011 10:53


mais que c'est long!!!!!


teparlerdemavie 06/07/2011 10:56



C'est certain qu'il faut être patiente... mais tout arrive un jour.



Vir 06/07/2011 10:10


Me concernant la nourriture est vraiment un refuge quand je vais pas bien... tu l'as très bien expliqué dans ton post! Quand ça m'arrive j'essaie aussi de m'occuper l'esprit histoire que cette
envie de réconfort passe... parfois ça fonctionne parfois pas! :(


teparlerdemavie 06/07/2011 11:05



J'ai réalisé, en lisant de nombreux témoignages, que manger pour combler une émotion était quelque chose de répandue.


Et c'est vrai que ça n'est pas toujours facile de ne pas succomber à la facilité (ou à ce qu'on connaît le mieux). Mais le plus important est de ne pas culpabiliser. L'auto-flagellation (que j'ai
longtemps pratiqué) ne sert à rien. Maintenant, après une crise, je me dis que je vais attendre que la faim revienne pour manger de nouveau.


Soyons indulgentes envers nous!