La méthode Zermati, un profond bouleversement.

Publié le par teparlerdemavie

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J'entends de plus en plus de personnes dire « la méthode Zermati, c'est trop dur, trop compliqué... j'abandonne, c'est pas fait pour moi ! ».

 

Oui, retrouver sa régulation naturelle après l'avoir consciencieusement bousillée durant des années (je parle pour moi), c'est compliqué.

 

La méthode zermati, c'est dur car ça remue plein de trucs que tu n'as pas forcément envie de remuer.

 

Mais c'est un mal nécessaire.

 

Un mal pour un bien.

 

Avec le recul, je réalise que j'ai entamé la méthode comme on entame un régime : avec la volonté de réussir, de faire mieux que tout le monde (perdre 1 misérable kilo par mois Ahahaha ! Petit joueur, c'est 5 que je vais perdre ! Avec tout mon stock, ça ne devrait pas être compliqué!), la volonté de maîtriser toutes mes sensations, la volonté et encore la volonté.

 

Et là, grande gamelle magistrale, alors que beaucoup de ceux qui prônaient cette méthode perdaient tous leurs kilos à vue d'oeil, je n'ai fait que grossir. Et bam ! 10 kilos supplémentaire dans la vue !

 

Mais au lieu d'abandonner, je me suis demandée ce qui clochait chez moi... ou plutôt ce qui clochait dans ma façon d'aborder la méthode. Et là, une évidence m'est apparue : j'étais toujours dans le contrôle.

 

J'avais bien entendu parler de « lâcher prise » mais ça voulait dire quoi exactement ?

 

Voilà encore un concept inconnu au bataillon, un peu comme la satiété que j'ai longtemps confondu avec le fait d'être repue, ce qui voulait dire chez moi : avoir le ventre plein.

 

J'ai tout repris de A à Z. En commençant par l'essentiel : repérer ma faim et ne pas m'en demander plus pour le moment.

Ça a été une révélation ! Je ne savais même pas à quoi ressemblait la faim ! Moi qui croyais appliquer la méthode à la lettre (grosse erreur de croire qu'il ne s'agit que d'une question de discipline), j'avais confondu : manger quand il est l'heure de manger, j'attendais seulement que ma tête (et la pendule) me donne le top départ et manger quand le corps le réclame.

 

J'ai compris à quel point mon esprit régentait tout dans ma vie.

 

Je me suis alors posée quelques questions élémentaires : pourquoi avais-je tant besoin de tout contrôler, pourquoi avais-je tant peur de perdre ce contrôle, pourquoi avais-je si hâte de maigrir, au point de griller tous les passages obligés pour apprendre à reconnaître ses sensations ?

 

J'ai su à cet instant que mon corps était la clé, que c'était lui qui avait les réponses à mes questions, qu'il était au cœur de mon histoire, au coeur de ma problématique mais que je l'avais abandonné sur le bord de la route.

 

Reprendre contact avec ce corps que je détestais tant a été la chose la plus difficile qui soit. Difficile car je l'avais totalement zappé durant des années (il fallait donc que je le réapprivoise), difficile car il m'était inconnu, qu'il regimbait face à ma détermination à maigrir, difficile car il m'imposait sa loi.

 

C'est lui qui avait toujours le dernier mot et quand je l'ai compris, j'ai su à quel point il était important de m'en faire un ami et non un ennemi.

 

La méthode zermati, ça n'est pas qu'une question alimentaire, c'est surtout une question du retour à soi, aux fondamentaux, à ce qui est nous, au fond de nous et non le paraître, ce qui demeure en surface.

 

L'enveloppe corporelle n'est que la face visible de l'iceberg et si on ne regarde pas plus loin que cette surface, on ne parviendra jamais à comprendre les choses, ce qui nous pousse à manger à outrance, à nous traiter avec moins de respect que nous le ferions avec n'importe quel ennemi.

 

La clé (ou plutôt les clés) du zermatage, c'est le regard sur soi, c'est apprendre à s'aimer, à voir la belle personne que nous sommes sous notre couche de graisse, c'est réapprendre ses sensations, les respecter mais aussi SE respecter, c'est relâcher la pression, abandonner tout besoin de contrôle, se faire confiance, accepter, accepter d'être patiente, accepter de donner du temps à notre corps pour lâcher les kilos, pour lâcher ses peurs, pour reprendre confiance. C'est aussi avoir un regard sur soi plus indulgent, moins cérébrale, vivre dans son corps et non dans sa tête (repousser cette petite voix cruelle qui nous définit de façon non objective, juste pour nous rabaisser), c'est relever la tête et apprendre à être heureuse. C'est changer en douceur mais irrémédiablement. Dans le bon sens.

 

Oui, la méthode Zermati, c'est tout ça mais c'est avant tout : s'aimer et accepter de prendre du plaisir. Accepter que manger puisse être un pur moment de bonheur et non une séance d'auto-flagellation.

 

Cessons de nous faire du mal, de nous restreindre. Banissons le mot régime de notre vocabulaire qui rime avec restriction, avec violence.

 

Et ne pas oublier que la patience et l'indulgence doivent toujours être au centre de notre nouvelle vie.

 

 

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Pauline 22/10/2013 13:39

J'ai commencé la méthode il y a quelques mois, j'ai d'abord maigri un peu puis j'ai repris maintenant je stagne, au final j'ai 1 kg de plus qu'en commençant... parfois j'ai envie de baisser les
bras, parfois je me dit que ça ne sert rien alors je me remets à manger à vitesse grand V sans vraiment prêter attention à mon corps... mais pour la première fois depuis plus de 10 ans, je mange ce
qui me plait, et quel bohneur ! J'ai peur de grossir encore, je ne suis pas sure que je le supporterais. Lire ton expérience fait le plus grand bien, ça me conforte dans l'idée que j'ai fait le bon
choix, et qu'un jour peut-être je m'aimerais comme je suis ! J'aimerais beaucoup savoir aujourd'hui où tu en es dans ta démarche et dans la méthode

teparlerdemavie 25/10/2013 12:40



Tu as fait le bon choix, sois-en sûr. Mais mincir sur le long terme demande un travail (de réflexions) qui est parfois long et il faut s'armer de patience.


Bonne continuation et continue à croire en toi! Bises



Erzulie 28/09/2012 14:06

Je n'ai jamais été au régime et je ne le saurais peut-être jamais (non moi c'est plutôt l'inverse...) mais faire un régime c'est le respecter à vie sinon on reprend les kilos perdus, c'est un mode
de vie très stricte et malheureusement les mots plaisir ou bonheur ont souvent disparu.

teparlerdemavie 29/09/2012 10:41



Oui, les régimes sont une voie sans issue.



Le Blog de la Peste 28/09/2012 05:28

Je ne veux surtout pas faire de la psycho facile mais pour avoir déjà vécu ça, j'affirme de bon matin qu'abandonner c'est bien plus facile que de persévérer ! (et je suis dans le même schéma quand
soudain je balance que finalement j'ai besoin d'un cadre (= un régime)). Non, je ne suis pas une cause perdue. :)

teparlerdemavie 28/09/2012 09:43



Mais tu as complètement raison. Je suis aussi passée par là et puis un jour, tu réalises que ça ne peut plus durer, que tu n'en peux plus d'être en guerre contre toi-même. Tu veux juste faire la
paix avec toi, avec la nourriture. Et ce jour là, tu es enfin prête à aller jusqu'au bout (quelque soit l'effort). Il y a bien évidemment des rechutes mais avec le temps, tu te relèves de plus en
plus facilement.


C'est un très long travail (ça va faire 5 ans pour moi. Oui, je suis très lente!)



Elosyia 27/09/2012 15:53

Merci, merci, merci, je t'aurais face à moi je te ferais un bisou enthousiaste car tout ce que tu as écrit, c'est ce que je pense de la méthode Zermati. Ça fait plusieurs années que j'ai découvert
cette méthode, je l'ai intégrée, mais j'ai encore du mal à l'appliquer totalement. Et puis suite à un article que j'ai fait début septembre où tu as d'ailleurs fait un très joli commentaire :-),
j'ai réfléchi et j'ai pris rendez-vous avec une diététicienne faisant partie du GROS. Elle est vraiment top, je suis contente. Donc c'est aussi grâce à des textes comme les tiens que j'ai pu
franchir le pas, voilà, j'avais envie de te dire tout ça. Je te dirais ce que ça donne pour moi :-).
Bonne journée !
Bisous !

teparlerdemavie 27/09/2012 17:03



Oh! ça me fait plaisir que tu trouves ta voie. C'est tellement important de se libérer et de faire la paix avec son alimentation et avec soi-même!


Je te souhaite une bonne continuation et je vais suivre ton évolution de près. Bises



La Ronde 27/09/2012 11:59

Notre échange de ce matin m'a inspiré un billet "bilan zermatien", publié ce midi. Je me suis permise d'y citer ton blog... :-)

teparlerdemavie 27/09/2012 17:02



Je vais allez lire ça de suite!



Catharsis 27/09/2012 11:51

Je ne connais pas cette méthode (ni aucune autre d'ailleurs), mais le "lâcher prise", le "besoin de contrôle" (qui est souvent la conséquence d'une peur sous-jacente), apprendre à accepter ce que
l'on est aussi facilement que nous acceptons le vent, la pluie, les orages et le soleil (c'est ainsi, nous n'avons pas d'autres choix que d'en prendre acte, inutile d'en vouloir au climat, ce qui
ne nous empêchera pas de mettre en oeuvre des moyens pour ne pas le subir), oui, toutes ces notions me parle.

Mais comme tu le dis très bien, la perte ou la prise de poids, véritable travail sur soi-même, n'est pas une fin en soi, car le seul véritable intérêt d'une remise en question (s'interroger sur
notre rapport à notre propre corps est une remise en question) est bien de parvenir à à être satisfait de ce que l'on est(les tailles mannequin mal dans leur peau sont légions).

Alors oui, aimer c'est vouloir donner du plaisir et accepter de le faire (parfois c'est un effort) et, s'aimer, c'est vouloir et accepter d'éprouver du plaisir. Il ne faut donc pas hésiter à
recevoir ce qui nous ait tendu (si ça nous convient) et, bien sûr, n'avoir aucun complexe à se donner à soi-même.

Comme "La ronde", je m’étale, sorry, et à bientôt.

teparlerdemavie 27/09/2012 17:01



Oui, lorsqu'on porte un regard sur soi différent (qui n'est pas critique), on vit quelque chose de magique : tout à coup, la perte de poids n'a plus dde réelle importance parce que, ce qui compte
c'est d'être bien, tout simplement.


Lorsqu'on entame la méthode, on ne réalise pas tous les bouleversements qui vont changer (en mieux) notre vie. On souhaite changer se réaliser en tant que femme, que mère, et on
comprend que le poids n'entre plus en compte dans notre bonheur et comme par hasard, un déclic se produit et nos kilos s'envolent sans effort.


Merci pour tes commentaires très pointues, j'adore te lire.  



Noé 27/09/2012 11:35

bon, 3 essais et 3 phrases que j'ai égoïstement envie de garder pour le post que je me dis que je dois pondre sur mon parcours d'ex grosse depuis la semaine dernière. c'est pas juste si je te
propose de venir me lire directement ?

teparlerdemavie 27/09/2012 16:57



J'irai lire ton post. Tous les articles concernant le sujet et qui peuvent faire avancer (même d'un pas) sont bons à prendre. Bises



Reb 27/09/2012 11:07

Ou là la c'est pas facile mais tu à l'air de bien réussir avec cette méthode et ton article donne beaucoup d'espoir aux personnes qui suivent cette méthode sans grande réussite car le mot d'ordre
et perceverance et lacher prise .
comme tu le dit je suis également convaincu par le fait qu'il faut bannir le mot régime de son vocabulaire car ce terme revois sans arret au probleme .
Passe une belle journée et continue comme ça !
Bisous,bisous

teparlerdemavie 27/09/2012 16:55



Je ne sais pas si je réussis vraiment (j'ai encore trop souvent des compulsions ou des émotions ingérables) mais une chose est sure, je suis bien plus indulgente envers moi. Et c'est déjà énorme!


Oui, pour moi, régime est synonyme de restriction donc de frustration et ça, je ne veux plus jamais le revivre. Bisous et merci à toi.



La Ronde 27/09/2012 09:43

Une nouvelle fois, voici un très beau texte pour relater ton rapport à ce parcours si particulier.

Pour ma part, j'ai décidé d'abandonner. D'abandonner les régimes, mon corps, tout ça. J'en pouvais plus, j'étais lasse quand j'ai découvert Zermati. J'en étais à un point où je me disais "je m'en
fous, de toute façon, je suis incapable de maigrir, je serai grosse toute ma vie et ce sera bien fait pour moi".

Alors, j'ai juste lu et appliqué ce qui me convenait : ne plus se créer d'interdit et écouter ses envies en y répondant. Je me suis dit aussi que bon, si son histoire de plaisir plus important
quand on a faim était vraie, autant attendre d'avoir faim pour manger.

En deux ans, je me suis enfilé tout ce dont j'avais envie. Pas une seule fois j'ai renoncé à un aliment parce que "c'est pas bien". Mais, petit à petit, mon corps a réclamé autre chose que du
sucre. Il m'a réclamé une pomme, puis des épinards, puis une salade. Il devait être tombé sur la tête, mais, j'ai écouté aussi ces envies-là.

Depuis deux ans, je n'ai pas maigri. Je mange encore et toujours trop. Mais, pour la première fois de ma vie, je n'ai pas grossi non plus.

La prochaine étape sera donc de repérer la satiété. Parce que, finalement, peut-être que j'arriverai à être plus mince, ou en tout cas, moins grosse et en meilleure santé. Finalement, j'en suis
peut-être capable...

Et j'ajouterais que c'est grâce à des blogs comme le tien (ou celui de Caro - Pensées de ronde) que j'ai repris petit à petit cette envie de continuer et d'essayer malgré tout. Alors merci ! :D

(Oui, je me rends compte que je suis en mode déballage de vie, j'espère que ça ne t'embête pas trop)

teparlerdemavie 27/09/2012 10:29



Tu peux écrire autant que tu veux, ça ne m'embête pas du tout, bien au contraire.


Je suis en pleine évolution mais rien n'est encore complètement acquis et naturel alors lire ton témoignage m'aide beaucoup aussi. ça me rassure, me conforte dans mon idée qu'il faut du
temps pour tout assimiler mais que même si on se met parfois de côté par ras-le-bol, on reprend toujours sa route car c'est elle qui nous amènera au bon endroit.


Je lis aussi les autres blogs, je me sens moins seule et le partage est pour moi essentiel. Lorsque je comprends quelque chose, je me dis que c'est trop bête de tout garder pour moi et que
si ça peut aider, ne serait-ce qu'une personne, alors c'est déjà formidable.


Tout comme toi, j'ai vécu des moments compliqués, je me suis pourrie l'existence mais ej commence à sortir la tête de l'eau et respirer le bon air, ça te ressuscite!


Bises et merci à toi.  



imaginer 27/09/2012 09:38

Tu as tout dit, et très très bien dit.
Je viens d'achever la thérapie de groupe avec les docs AZ et notamment le doc Apfeldorfer insiste beaucoup sur l'importance de nous regarder nous-même avec bienveillance.
Le doc Zermati m'a d'ailleurs fait remarquer lors de la dernière séance il y a deux semaines qu'en six moi il avait remarqué que mon regard sur moi et les gens en surpoids en général a changé, et
que ça, c'est l'essentiel pour y arriver.......

teparlerdemavie 27/09/2012 10:32



Oui, la bienveillance, c'est tellement important (c'est fou comme on peut se faire du mal et ne rien avoir à y redire!)


Bravo à toi pour ces avancées, ça fait plaisir à lire.


bon courage pour la suite et merci pour ton témoignage, j'apprécie vraiment.



Marcelle 27/09/2012 09:13

J'admire ! Je sais à quel point ça peut être dur au début...

teparlerdemavie 27/09/2012 10:31



Merci. Oui, c'est souvent le démarrage qui est compliqué, après le ça vient petit à petit.