Le sucre et moi, une longue histoire d'amour.

Publié le par teparlerdemavie

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Du plus loin que je me souvienne, je voue une véritable passion pour le sucre. Petite, je me régalais de bonbons, de tartes ou de gâteaux. Plus tard, j'ai trouvé dans tout aliment sucré le moyen de me consoler, de me faire plaisir, d'arrondir les angles. D'ailleurs, n'appelle-t-on pas un aliment sucré, une douceur ?

 

De la douceur, j'en avais besoin et j'avais trouvé là le remède le plus efficace contre toute émotion négative qui pointait le bout de son nez. Cela, je l'ai compris grâce à ma thérapeute lorsque nous avons abordé le problème de la gestion des émotions.

 

Je croyais au cliché sucre = drogue et j'étais persuadée que si je souhaitais retrouver mon poids génétique, j'allais devoir obligatoirement passer par un sevrage de la drogue la plus répandue sur terre : le sucre !

 

La première réflexion de ma thérapeute a été de me demander si j'avais toujours consommé du sucre. La réponse était oui et si j'avais toujours eu des problèmes de poids, la réponse était non.

 

Le simple fait de réaliser que non, le sucre n'était pas la cause de mon surpoids, m'a déculpabilisée. Oui, c'est fou comme un aliment sucré a ce pouvoir inouï de nous faire culpabiliser alors que d'autres aliments (les légumes, par exemple), nous donnent au contraire, bonne conscience.

 

Sa deuxième réflexion a été de me faire comprendre que je mange du sucre pour combler des émotions.

Il ne faut pas s'étonner si nous recherchons à consommer du sucre lorsque nous sommes submergés par des émotions. Le sucre fait souvent référence à la petite enfance (voir au lait maternel d'où le besoin chez certaines personnes de consommer des milk shakes en abondance au premier soucis), à la maman qui nourrit son enfant alors qu'il a besoin de tendresse et d'amour.

 

Je sais que ma mère me faisait des crêpes lorsque je me blessais alors qu'un peu d'attention et de réconfort aurait suffit à étancher ma peine. Elle me donnait des bonbons pour que je la laisse tranquille lorsque je m'ennuyais, elle cuisinait toute sorte de gâteaux en guise de récompense pour mes bonnes notes...

 

Le problème n'était donc pas de manger des aliments sucrés mais de parvenir à vivre mes émotions sans chercher à les apaiser par l'alimentation. Ma thérapeute m'a expliquée que le sucre était employé par un nombre incalculable de personnes pour combler une émotion et qu'heureusement, la majorité parvenait à se réguler par la suite sans conséquence. C'est lorsqu'on ne sait plus les gérer autrement qu'en mangeant (qu'émotion=obligatoirement compulsion) que cela devient problématique.

 

J'ai commencé par noter tous les moments dans la journée où je ne pouvais résister au besoin de manger des aliments sucrés.

 

Très vite, j'ai réalisé que les deux instants les plus critiques pour moi étaient le soir en rentrant du boulot et après le dîner.

 

Chaque jour, en rentrant du boulot, je ressentais le besoin de manger pour calmer le stress de la journée et retrouver de l'énergie. Et dans ces moments-là, je consommais tout aliment extrêmement calorique. Beaucoup d'énergie en un minimum de temps.

 

Le soir après le dîner, mes aliments étaient essentiellement sucrés. De vrais douceurs pour m'apaiser, me réconforter avec un petit quelque chose d'infantile.

 

La deuxième étape fut de changer de comportement : je me libère du stress de ma journée et je m'apaise avant d'aller me coucher autrement qu'en mangeant.

 

Je ne devais à aucun moment limiter ma consommation de sucre. Lorsque j'avais faim, je pouvais, si j'en ressentais l'envie, manger à ma guise n'importe quel aliment sucré tout en continuant à m'arrêter à satiété.

J'ai commencé par mettre en place des solutions autres que la nourriture. Par exemple, le soir en rentrant du boulot, au lieu de me précipiter vers le frigo, je faisais un détour pour me créer une sorte de sas de décompression avant mon retour chez moi. Une simple balade de 10 minutes me permettait de comprendre que mes crises le soir n'était pas dues à la faim (ce que je croyais au départ) mais bel et bien à une mauvaise gestion de mes émotions.

 

Après le dîner, je me suis créée un rituel pour calmer mes angoisses de fin de journée avant d'aller me coucher. J'ai cessé de regarder la télévision (très anxiogène), je me suis mise à la lecture, au soin et massage du visage, à la relaxation.

 

Et j'ai fait un gros travail de pleine conscience : je laisse chaque émotion vivre dans mon corps. Je la repère, je la laisse s'exprimer puis partir d'elle-même sans chercher à la contrer, à la nier ou à la dissoudre en mangeant.

 

Et, alors que je ne pensais jamais pouvoir me libérer de mon attrait excessif pour le sucre, je me suis surprise à le consommer de façon naturelle, sans exagération. Je ne ressens plus ces fringales de sucre, je commence même à mieux apprécier les aliments salés.

 

Alors non, les compulsions de sucre ne sont pas une fatalité. Il est possible d'en sortir en comprenant leur origine et en mettant en place des solutions qui correspondent aux besoins de chaque moment sensible de la journée.

 

 

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Lou 17/08/2012 14:53

J'aurai pu écrire cet article... ou du moins seulement la partie "diagnostique" car je n'ai pas encore atteint le même stade que toi dans la régulation de mes émotions.
En tout cas, je trouve ton article très sensé. Tu as tout à fait raison de dire, d'écrire, que le sucre n'est pas mauvais en soi. Car adopter cette croyance, c'est se condamner à la compulsion
alimentaire ! Bref, merci ! :)

teparlerdemavie 17/08/2012 17:08



Merci à toi lou pour ton commentaire.


Oui, en effet, c'est en diabolisant un aliment qu'on finit par s'en empiffrer sans pouvoir s'arrêter. 


Bises



Mademoiselle S - La vie de Brioche 14/08/2012 10:52

Moi je ne suis pas très sucre ... mais parfois une petite douceur en fin de repas le soir ... ça me fait du bien.
Mais en général, si je consomme un truc sucré c'est plutôt l'après-midi, pour le goûter ... un rituel d'enfance auquel je suis restée fidèle.
:-)

teparlerdemavie 14/08/2012 13:30



Oui, le goûter, il est toujours sucré chez moi aussi. C'est un moment dans la journée où j'aime m'asseoir et me faire plaisir.


Bises



Myrtille 14/08/2012 00:19

il est surement plus facile de 's'en sortir' quand on la chance comme toi d'avoir une thérapeute ..et d'avoir la possibilité de résoudre ce qui fait qu'on mange du sucre ..
tout le monde n'a pas cette chance/possibilité là :} ..

teparlerdemavie 14/08/2012 09:09



Oui mais on peut déjà essayer de comprendre pourquoi on a besoin de consommer du sucre en excès puis de trouver des alternatives pour compenser ce manque (autre que physiologique).


Souvent on avance la tête dans le guidon puis, un jour on relève la tête et on voit beaucoup de choses et heureusement, pour cela, il n'y a pas nécessairement besoin d'un thérapeute. Mais encore
faut-il être prêt à relever la tête et ne plus avoir peur d'affronter certaines choses. Pas évident...


Bises



Myrtille 14/08/2012 00:17

moi aussi je suis acro au sucre ..et le soir j'en ai besoin ..sans doute pour combler un manque ..et j'aime pas le soir ni la nuit ..et le sucre m'apaise ..
mais je sais que c'est très mauvais pour la santé, on dort plus mal avec des cauchemars quand on en mange le soir et tard ..et il existe un remède homeo pour stopper l'envie de sucre ..et quand tu
manges des dattes cela coupe ton envie de sucre ..
mais rien ne remplace du 'vrai' sucre comme des meringues comme ce soir par exemple ..

teparlerdemavie 14/08/2012 09:13



coucou myrtille,


Non, le sucre n'est pas mauvais pour la santé, on en a tous besoin. C'est l'excès qui nuit. Et si les excès deviennent quotidien, il faut se poser des questions.


Quant aux remèdes pour stopper l'envie, j'en ai essayé plusieurs sans succès avant de comprendre qu'il s'agissait d'envies de manger émotionnelles et non d'un besoin de mon organisme.


Pour le soir et la nuit, je te comprends et sache que c'est très fréquent mais vaut mieux (comme me l'a dit ma thérapeute) dormir avec un doudou réconfortant que de s'avaler du sucre avant
d'aller se coucher.


Bon courage.


Bises