Sous ma carapace...

Publié le par teparlerdemavie

life by ekbs-d23ityf

 

Il y a quelques semaines, j'ai participé à la rubrique « Sous ta carapace, il y a... » de Madame parle.

 

Voici ce que je lui écrivais :

 

« Sous ma carapace...

 

Il y a des blessures qui ne guériront jamais, de celles qui te marquent à vie, qui te font grandir si vite que tu te retrouves dans le corps d'un adulte alors même qu'un petit bout de ton enfance vit encore en toi.

 

Ce petit bout, tu aimerais le garder encore un peu dans ta chair car c'est lui qui te permet de garder un œil pétillant et espiègle sur la vie.

 

J'ai très longtemps été mince voir très mince. Mes parents, après 2 filles espéraient vivement un garçon et puis, je suis arrivée avec ma joie de vivre mais le mauvais sexe.

 

Pour ne pas peiner mes parents, je suis devenue le fils qu'ils attendaient, une amoureuse du foot et de la boxe, j'accompagnais mon père sur tous les stades.

 

En grandissant, j'espérais garder ce corps androgyne pour préserver l'attention de mes parents mais au fil des ans, ce corps dont j'attendais tant m'a trahi et s'est révélé être celui d'une femme que je ne pouvais que haïr puisqu'il m'éloignait de leur amour... d'ailleurs, m'ont-ils seulement aimé malgré tous mes efforts?

 

A 20 ans, ma vie a basculé le jour où mon chef a cru qu'on pouvait abuser de son employée et la traiter comme un objet.

 

Ma féminité a causé ma perte, du moins, c'était ma conviction profonde, alors j'ai recherché de nouveau ce corps de petit garçon qui m'avait longtemps apporté l'amour et l'attention (celui de mes parents) et j'ai beaucoup maigri.

 

Au fil des années et après avoir eu 2 adorables filles, j'ai repris confiance en moi et en mon corps mais il m'a de nouveau trahi à 30 ans.

 

A 6 mois de grossesse, j'apprends que le fils que j'attends est atteint d'une maladie génétique extrêmement rare. Que l'ovule fécondé était en très mauvais état et qu'il n'aurait jamais dû se nicher au creux de mon utérus et se développer.

 

Le ciel me tombe sur la tête, mon fils, mon amour, ma chair, ne survivra pas.

 

A 8 mois, sa vie s'arrête dans un dernier souffle.

 

Mon ange s'envole vers une vie meilleure, loin de la douleur.

 

Mon corps a donné la mort. Je lui en veux, je le déteste... je le hais!

 

Puis, de longs mois plus tard, un miracle me redonne espoir en la vie et 9 mois plus tard, mon second fils nait dans un sourire. Il était si beau, si parfait, une merveille.

 

Mais mes peurs étaient si profondes, si présentes, je n'ai pas su m'en prémunir autrement qu'en cherchant une protection à travers une prise de poids importante.

 

Je sais qu'au fond de moi, cette enveloppe graisseuse n'est qu'une carapace pour me protéger des horreurs de la vie. Elles fait office de bouclier, sans elle, je me sens si fragile, trop fragile.

 

Aujourd'hui, je réalise le rempart dérisoire que ces kilos représentent mais cette protection est comme une bouée à laquelle je m'accroche désespérément.

 

Mais j'ai l'espoir qu'un jour je sois capable de lâcher cette bouée de sauvetage parce qu'au fond de moi, j'ai la conviction que je sais nager seule et qu'une bouée ne m'est d'aucune utilité pour rejoindre le bord de la rive... le bord de la vie. »

 

 

Cela faisait des années que je n'avais pas revécu mon passé avec une telle intensité et j'ai alors réalisé à quel point j'avais pu en vouloir à mon corps, ce traitre, qui m'avait fait vivre l'enfer.

Et plus récemment, j'ai appris que je souffrais d'une maladie auto-immune, le summum de la trahison (mon système immunitaire détruisant ses propres cellules saines, les prenant pour des ennemies!).

 

Depuis que j'ai entrepris ma thérapie psycho-corporelle, j'apprends à reprendre confiance en ce corps qui m'a tant de fois trompé, à lui pardonner ses faiblesses et surtout à ME pardonner car derrière ces ressentiments c'est contre moi que je me bats.

 

Et ce combat doit cesser car il me détruit. Ce que je recherche avant tout, c'est la vie, l'amour, l'espoir.

 

Mon corps, petit à petit, j'en reprends possession, je l'habite de nouveau et je veux croire en lui.

 

Ce témoignage aussi pour dire que souvent nos problèmes de poids ne viennent pas d'une alimentation trop salée, sucrée ou grasse mais des blessures que l'on porte en nous et qu'il faut laisser cicatriser. 

 

Et ce ne sont certainement pas les régimes qui vont m'en guérir!

 

Mais depuis quelques jours, je me sens plus forte (beaucoup grâce à vous et votre soutien) et je me sens prête à dire à ce corps, mon corps, qu'il peut abandonner sa carapace, je suis prête à affronter la vie et à croire au bonheur sans trembler d'effroi.

 

Voilà un petit bout de mon histoire qui explique aussi ma vision de la vie, il faut savoir profiter de chaque instant car on ne sait jamais ce que sera demain.

 

Vive la vie! Soyons heureux!

 

Publié dans Te parler de ma vie.

Commenter cet article

Avec un grand A. 13/02/2013 10:43

Je prends beaucoup de plaisir à lire tes articles, tes petits moments de vie et tes prises de conscience. Merci pour ce récit qui te livre sans détour. J'ai entamé la même démarche sur mon blog, et
je sais à quel point cela peut être difficile mais aussi salvateur.

teparlerdemavie 13/02/2013 12:24



Merci à toi.


Oui, c'est important de se libérer, ça soulage... d'un poids!



Chocophile 06/09/2011 08:31


je suis très émue de te lire. La vie, l'amour, l'espoir comme tu le dis si bien, voilà l'important, tu crois au bonheur, le reste suivra j'en suis sûre!


teparlerdemavie 06/09/2011 15:09



Merci chocophile.



marie 05/09/2011 14:25


C'est un tres beau et tres emouvant temoignage - merci de l'avoir partage avec nous.
S'accepter prend du temps mais comprendre ce qui nous en empeche est le premier pas vers le mieux-etre.

Il me touche beaucoup - j'ai une amie qui souffre par rapport a son corps et je peux enfin mettre des mots sur sa douleur.

Sois heureuse et donnes toi le temps. Un pas pour chaque jour. Plein de courage............tu es sur la bonne voie.


teparlerdemavie 06/09/2011 08:06



Merci beaucoup marie.



Clochette 04/09/2011 20:47


Oui sois heureuse! Et laisse à ton corps le temps de se remettre, il faut parfois un peu de temps! Bon courage!


teparlerdemavie 05/09/2011 00:47



Merci beaucoup.



Glycine blanche 03/09/2011 09:18


Une histoire émouvante qui laisse transparaître une force qui a tout pour vaincre... Bon courage et vive la vie !


teparlerdemavie 03/09/2011 09:22



Merci beaucoup Glycine blanche.



Cez 02/09/2011 22:31


un seul mot...wow!!!


teparlerdemavie 03/09/2011 09:22



C'est la vie... et malheureusement elle n'est pas faite que de choses merveilleuses mais quand le bonheur est là, il faut savoir le cueillir sans attendre.



Cécile MdL 02/09/2011 20:10


Juste merci pour cette leçon de vie


teparlerdemavie 03/09/2011 09:21



Merci à toi pour ce message.



Fée Line 02/09/2011 13:49


http://www.facebook.com/ajax/sharer/?s=99&appid=2309869772&p%5B0%5D=180181642010672&p%5B1%5D=241063982596439


bravo pour ton article,
car je suppose que tant de choses dévoilées, ça remue aussi!
bises !


teparlerdemavie 03/09/2011 09:20



Oui, en effet, ça remue bien!



severine 02/09/2011 11:23


Tes propos m'ont beaucoup émue. Non pas seulement parce qu'ils abordent un sujet intime et parle de blessures profondes, mais aussi et surtout, parce que je te trouve très courageuse de nous en
parler. J'espère sincèrement que tu parviendras à te réconcilier avec ton corps, avec toi-même. Bises et bon courage.


teparlerdemavie 03/09/2011 09:19



Merci Séverine.



Marie-Do - Ado Mode d'Emploi 02/09/2011 10:55


Cela faisait longtemps que je n'avais pas lu quelque chose d'aussi beau. Tu as magnifiquement su décrire ce combat, cette lutte avec ce corps qui décidément t'en a fait voir.
Tu m'as touché profondément.


teparlerdemavie 03/09/2011 09:19



Merci beaucoup marie-do pour ces quelques mots.



imaginer 02/09/2011 10:07


Au fil des blogs que je lis, je me rends compte, moi qui me suis aussi forgé une carapace de 40 kilos, avant de décider de m'en débarrasser pour profiter de la vie, qu'en effet la plupart des
"gros" ne le sont pas juste par gourmandise, ou manque de volonté comme me l'a répété mon père chaque jour de ma vie.
Une agression sexuelle quand j'étais petite m'a fait me punir, moi, qui ai infligé les pires choses à mon corps, alors que le coupable n'a jamais été inquiété.......
Merci d'oser le dire, tu écris bien.....


teparlerdemavie 02/09/2011 10:56



Oui, notre instinct de "survie" nous pousse à nous protéger comme nous pouvons et le corps est souvent la solution.


Bon courage à toi et merci pour ton témoignage.



Madame Parle 02/09/2011 09:30


Tu as raison profitons de chauqe instant!
Et merci encore pour ton témoignage!


teparlerdemavie 02/09/2011 10:02



Et merci encore de m'avoir permis d'écrire ces lignes. Sans ton appel à témoigner, je crois que je n'aurais pas eu le courage d'affronter ce passé.


Finalement, de l'avoir regardé en face m'a soulagé d'un poids énorme, celui de la culpabilité. Et même si mon chagrin sera éternel, je sais, à présent que je peux vivre à ses côtés.



le oh lillyroseleun 02/09/2011 08:39


je voulais juste te dire que ces mots viennent de me mettre les larmes aux yeux, que je t'embrasse, et que je t'admire de pouvoir écrire tout cela.


teparlerdemavie 02/09/2011 10:03



Merci beaucoup lillyrose.