Une bouchée de trop.

Publié le par teparlerdemavie

Eat All by TrashDoLLs

 

Hier, suite à mon billet du jour, j’ai reçu plusieurs commentaires, sur mon blog et de la part d’amies ou de la famille pour me dire : « si tu as encore envie de ces quelques bouchées, pourquoi ne les manges-tu pas ? » (ça a choqué beaucoup de personnes que je me torture ainsi).

 

J’ai déjà donné quelques explications dans mes réponses aux commentaires mais je voulais développer ici aussi.

 

L’exercice de laisser quelques bouchées (je le redis, il ne s’agit pas de laisser la moitié de son assiette et donc de s’affamer mais seulement 1 ou 2 bouchées) a pour but d’apprendre à ne plus manger au-delà de sa faim (on se sert avec ses yeux et non avec son ventre, ce qui fait, qu’on a très souvent tendance à se servir des quantités supérieures à nos besoins. En tout cas, c’est mon cas, d’où mon surpoids. Je ne suis pas une grignoteuse à qui il suffit de retirer les grignotages entre les repas pour maigrir –je rappelle, le grignotage est un aliment mangé sans faim, la collation, est un aliment mangé avec faim- je suis une grosse mangeuse).

 

Cet exercice a un double sens : apprendre à manger à sa faim et retrouver un comportement « normal » face à la nourriture.

 

Par exemple, j'ai toujours trouvé normal de me forcer à finir mon assiette plutôt que de gâcher la nourriture en la jetant à la poubelle.

 

Mais en faisant ainsi, n'est-ce pas mon propre corps que je considère comme une poubelle?

 

Vaut-il mieux que je me respecte en jetant la bouchée de trop ou dois-je continuer à maltraiter mon corps en lui imposant un surplus énergétique qu'il devra subir, digérer pour finalement le stocker?

 

Je n'avais jamais réalisé à quel point je pouvais me faire du mal avec ce comportement, jusqu'à ce que je me retrouve avec 15-20 kg en trop.

 

Et je souhaite aussi me guérir de ces croyances bien ancrées en moi et que mes parents m’ont enfoncé dans le crâne à coup de punition.

 

Lorsque, mes sœurs et moi, nous ne finissions pas nos assiettes, nous étions punies. Nous devions rester à table jusqu’à ce que l’assiette soit vide et ce jusqu’à 16h si nécessaire, comme cela m’est arrivée.

 

J’ai gardé, encore aujourd’hui, cette idée qu’il ne faut pas gâcher, que c'est mal, et cette crainte d'être une personne mauvaise, égoïste (pense aux petits enfants du tiers monde qui meurent de faim!) si je ne finis pas mon assiette.

 

L'émotion que je ressens en laissant ces bouchées dans l’assiette est une frustration morale, un vrai blocage psychologique que je peux guérir en étant patiente et non une frustration physique (je vous rassure, je mange à ma faim).

 

Ces quelques bouchées sont vraiment une étape à franchir. Elles représentent un vrai challenge pour moi et je sais que le jour où je pourrais les laisser sans aucune difficulté, sans culpabilité, ni frustration, ce jour là, j’aurais fait un pas de géant dans ma régulation, ce jour-là, je pourrais fêter une sacrée victoire.

 

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Myrtille 12/10/2011 19:55


yess elle est très importante ;)
et cela rejoint l'idée de prendre soin de soi ;)


Myrtille 12/10/2011 13:23


je crois qu'à une certaine époque pas mal de parents infligeaient cette punition ..
je me rappelle avoir du rester toute une après-midi tant que je n'aurais pas terminé mon poisson pfff
bah moi ça m'a fait l'effet inverse ! si qqchose me plait pas je rechigne à le manger et je le laisse quitte à le jeter (bon je fais attention tout de meme je jette pas n'importe quoi et en grosses
quantités !) mais me forcer à finir alors que j'en ai pas ou plus envie, nenni !
justement je suis libre maintenant de faire ce que je veux et quand je veux, j'ai retrouvé ma liberté de penser et d'etre ;) et basta à ceux qui m'ont forcé à finir mon assiette !
bizzz


teparlerdemavie 12/10/2011 13:58



J'aime l'idée de liberté retrouvée.



Coucou 11/10/2011 06:56


Comme je te comprends... Tes efforts sont louables, ce que peuvent en dire les autres est peu important!Bisous


teparlerdemavie 11/10/2011 09:09



Merci coucou!



Polly Perkins 10/10/2011 11:11


j'y pensais justement l'autre jour après avoir "trop" mangé de sushis... J'avais payé 32 fr mon choix de sushis à l'emporter, je voulais me faire plaisir parce que j'étais toute seule un vendredi
soir à la maison. Je les savourais un à un et j'ai été rapidement satisfaite, mais impossible de mettre à la poubelle ces petits délices (hors de prix) qui pour moi, ne font pas partie des aliments
"dangereux"... en même temps, j'ai pris 12 kilos l'année où j'ai découvert les sushis et où je me suis mise à en manger 1-2 fois par semaine... trop de glucides? d'acides gras quand même... bref,
c'était ma petite réflexion japonisante...


teparlerdemavie 10/10/2011 12:53



Toute bouchée mangée au-delà de sa faim est stockée par l'organisme. Que ce soit des lipides, glucides ou protéines.


Peut-être la prochaine fois, devrais-tu mettre une partie de tes sushis au frigo avant de commencer pour éviter de tout terminer.



linette 09/10/2011 15:10


Et si vous preniez une assiette plus petite, elle est donc rapidement remplie mais avec moins de quantité. C'est mon cas et on s'habitue bien de ne manger qu'a sa faim. Je constate que si je
bricole il m'arrive de passer l'heure du repas car trop occupée et la sensation de faim passe. Bien sûr je prend le repas suivant normalement. Si je m'ennuie j'ai envie de sucrerie, il vaut mieux
être occupé !!!! Bon courage


teparlerdemavie 10/10/2011 07:56



Le but de ces exercices est d'apprendre à repérer sa satiété avec son corps et non avec sa tête. La petite assiette, c'est bien quand on sait repérer cette satiété mais si on ne la repère pas
correctement (comme moi), on risque d'être perdue le jour où on se retrouve avec des quantités plus importante comme au restau, repas de famille...


Ce que j'entreprends est une vraie rééducation de mes sensations.



April 09/10/2011 09:10


J'ai subi les mêmes parents ! Obligation de finir l'assiette par contre je finissais jamais à 16h, trop goinfre pour ça. J'ai vu une diététicienne une fois qui m'a dit la même chose, tu n'es pas
une poubelle, pas facile à entendre... Le tout maintenant est de savoir réutiliser les restes ! Comme ça pas de poubelle...


teparlerdemavie 10/10/2011 07:54



Oui, on peut réutiliser les restes pour éviter de les jeter.



Miss Zen 07/10/2011 08:20


Moi aussi, j'ai du mal a jeter la nourriture. Je finis l'assiette de mon fils, je gratte les plats..... Mais surtout je me suis rendue compte que je mangeais sans en avoir conscience, sans écouter
mon ventre. Je me jette sur la nourriture. Alors maintenant, j'essaye de prendre quelques minutes avant de lever ma fourchette. Avant on faisait une prière avant de manger, on remerciait Dieu,
etc..... J'essaye de faire pareil en me disant j'ai préparé ce repas, je vais le goûter, l'apprécier, doucement. Bref, j'essaye de reprendre conscience de ce que je mange et de vraiment gouter les
aliments au lieu de les engloutir !


teparlerdemavie 07/10/2011 08:37



Oui, tu as raison, il faut prendre son temps et se reconnecter à son corps. 


Merci pour ton témoignage.



Elosyia 06/10/2011 15:17


Comme je te comprends. Je me bats aussi pour laisser ces dernières bouchées dans l'assiette sans ressentir de culpabilité ou une sensation de gâchis. Et puis les vieilles habitudes alimentaires ont
souvent la vie dure, mais je pense qu'on peut réussir à s'en détacher. Merci d'en avoir parlé, je me sens moins seule ;-).
Bon courage à toi sur ton chemin de modération alimentaire.


teparlerdemavie 06/10/2011 17:11



Ah moi aussi je me sens moins seule! Merci pour ton témoignage!



Onee-Chan 06/10/2011 14:14


AH oui je te comprends. Je n'ai pas de problème de poids mais pareil on me forçait à finir sauf que moi j'avais de suite intégré que j'étais pas une poubelle alors quand j'ai pu manger comme je
voulais ben c'est bizarre mais il en restais presque à chaque fois dans mon assiète ! ALors soit je suis vraiment nulle en dosage, soit c'est une lutte psychologique en réponse à ces années ! Bon
courage en tout cas


teparlerdemavie 06/10/2011 17:07



Merci onee-chan :)



meredenis66 06/10/2011 13:42


Avec émotion, je reprends TOUT le texte à mon compte. Si la plupart des gens savaient quelles tortures nous infligent nos compulsions alimentaires (ainsi que les essais visant à les
juguler)....
Mais si on compatit aux douleurs de quelqu'un ayant une maladie déclarée et portant un nom bien défini, on regarde avec un certain mépris les "gros" et les "grosses" qui se débattent avec leurs
compulsions. On pense souvent - à tort - que ces personnes manquent de volonté et à la limite, qu'elles n'ont que ce qu'elles méritent.
Je souffre depuis 30 ans, et ce n'est pas fini...


teparlerdemavie 06/10/2011 17:06



Ton témoignage est poignant meredenis. Et je souhaite souligner que NON, on ne manque pas de volonté! Au contraire, on se bat au quotidien!



Pauline 06/10/2011 11:18


Je trouve que ton analyse est bien menée. Si tu arrives à cerner quelques causes de tes frustrations, tu es sur la bonne voie.

Après, tout le challenge est de réussir à mettre un terme à des croyances que l'on t'a inculquées, petite. Et comme on dit : "les habitudes on la vie dure!"

C'est le travail psychologique qui reste le plus dur, et c'est dans ces deux bouchées que cela se matérialise.

Alors je te souhaite de réussir à laisser derrière toi ces idées qui t'empêchent d'être pleinement épanouie.


teparlerdemavie 06/10/2011 11:32



Merci beaucoup pauline.



Laetibidule 06/10/2011 09:09


Je te comprend, c'est souvent que je fini des plats alors que je n'ai plus faim car je n'aime pas le gaspillage et aussi que je trouve cela trop bon, mon plaisir immédiat passant avant ma faim !!!
surtout pour les plats que je ne mange pas souvent, je veux en profiter un max !!!
Courage, tu est sur la bonne voie !!!
Bonne journée !!!


teparlerdemavie 06/10/2011 09:17



La peur de ne plus retrouver ce plaisir immédiat est quelque chose qui me touche aussi.


Merci Laetibidule.



Tayiam 06/10/2011 09:01


Je comprends ce que tu veux dire.

Si tu penses que cet exercice te fait du bien à long terme, alors, continue ! ;-)

Courage ! :)


teparlerdemavie 06/10/2011 09:16



Merci Tayiam. Je sais que cet exercice est nécessaire pour franchir une étape dans le changement de mon comportement alimentaire.



Colinette 06/10/2011 08:59


De toute façon, je suis convaincue que notre relation à la nourriture est un travail psychologique avant tout !


teparlerdemavie 06/10/2011 09:15



Oui, je m'en rends compte chaque jour.



matchingpoints 06/10/2011 08:57


A nous aussi on disait, il faut finir ton assiette, il ne faut pas gaspiller - que c'était dur parfois, quand on n'aimait vraiment pas !- mais c'est toujours valable. Quand nous voyons ces
assiettes presque pleines partir à la poubelle, ça nous agace!
Donc, peut-être ce serait utile de mettre de plus petites portions dans nos assiettes, et laisser une petite cuillère symbolique ? Il est tellement difficile de résister quand on aime les bonne
choses !


teparlerdemavie 06/10/2011 09:15



S'il reste plus d'1 ou 2 bouchées, je mets mes restes au frigo (je ne suis pas riche au point de gaspiller la nourriture lol) mais jeter la dernière bouchée est un geste symbolique très
important pour accepter que la nourriture n'est pas "sacrée", qu'on peut s'en séparer calmement sans déchirement (oui, j'ai relation à la nourriture assez conflictuelle).


Merci pour ton mot.



Choupie 06/10/2011 08:33


Tu sais la belle je pense que les personnes qui ne n'ont pas de probleme de poids ne peuvent pas comprendre les gens comme nous ! Tu as raisons de t'accrocher !
Courage la belle !


teparlerdemavie 06/10/2011 09:11



Merci choupie :)



lillyrose 06/10/2011 08:22


je comprends ce que tu ressens à laisser ces bouchées. Je me pose la question si j'en serais capable...ça doit être très difficile. Je vais essayer, mais moi qui mange souvent sans mettre la table
et souvent un sandwich, il va falloir que je me fasse violence.


teparlerdemavie 06/10/2011 09:10



Longtemps j'ai fait des repas comme toi pour éviter de me confronter à l'assiette vide mais avec les enfants, c'était plus possible. Il faut surtout accepter d'être patiente.