Une seconde naissance.

Publié le par teparlerdemavie

Always by Pheno m enon

 

Avec ma thérapeute, nous abordons souvent ma relation à la nourriture. 

Je ressens invariablement un besoin pressant de me remplir comme si j'allais défaillir si je ne le faisais pas. Et si je m'en empêche, je suis parcourue d'angoisses irrépressibles.

Ce matin, elle me faisait remarquer que ces remplissages avaient un but que je ne comprenais pas encore mais qui avaient une raison d'être que je devais découvrir si je voulais m'en sortir.

Pour elle, de plus en plus de personnes ne supportent pas le vide et ne peuvent s'empêcher de le combler. Pour certaines, ça va être un emploi du temps chargé sans une minute pour soi, sans aucun « blanc » dans leur journée, histoire de ne pas se retrouver face à elles; pour d'autres un remplissage systématique dès les premiers signes de vide.

J'ai d'abord fait partie de la 1ère catégorie puis, usée par une vie trop trépidante, je me suis rangée dans la 2e catégorie.

Mon objectif était donc de comprendre pourquoi ce « vide » est si insupportable pour moi qu'il faille à tout pris que je le comble.

Je me suis rendue compte que j'avais besoin d'être rassurée, sécurisée et que le néant était pour moi une situation d'angoisse extrême. 

Nous sommes remontées à l'origine de mon histoire. Il s'est avéré que j'avais ressenti une forte angoisse lors de ma naissance et que je n'avais pas été rassurée et protégée comme doit être tout nouveau né.

C'était complètement fou, je me voyais m'accrocher au cordon ombilical pour rester reliée à ma mère.

Cette angoisse a demeuré, perduré au fil des ans jusqu'à devenir incontrôlable.

Nous avons donc fait des exercices de sophrologie pour calmer ces angoisses et m'autoriser à vivre ma vie (lâcher le cordon, me libérer de ma mère et vivre pour moi, seule, sans soutien et surtout pas celui de la nourriture, histoire de me forger un « cordon » de sécurité, une sorte de bouée de sauvetage).

C'était une expérience extraordinaire. Elle m'a dit de me faire confiance et de faire confiance en mon corps, qu'il était mon allié et non mon ennemi, que laisser les choses douloureuses s'exprimer au lieu de les étouffer allait me libérer d'un poids et que je n'aurais plus peur du vide, plus peur d'être abandonnée.

J'ai ressenti une paix intérieure comme je n'avais pas connu depuis très longtemps. Elle m'a précisé que ce sentiment, il fallait que je le revive encore et encore car les « mauvaises » habitudes ayant la vie dure, mes anciens réflexes ressurgiraient rapidement si je ne prenais pas garde.

Nous terminons donc toujours les séances en faisant un geste symbolique. Là, il s'agissait pour moi de serrer mes mains l'un contre l'autre comme on peut le faire avec une personne de confiance et de me relier à mon corps, suffisamment solide pour qu'il puisse avancer dans la vie sans avoir besoin d'une armure. 

Il n'y a aucun vide à combler avec de la nourriture en dehors de celui de la vraie faim.

Fuir ses émotions, faire le choix de les nier en les étouffant de quelque façon que ce soit ne fait que nous éloigner d'une solution. Parfois, il faut avoir le courage de faire face et d'affronter ses peurs.

J'espère que ce courage, je l'aurais.

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Anne-Laure 19/07/2011 16:33


Bonjour!
Vous devriez lire les livres de Moussa Nabati, psychologue franco-iranien: Le bonheur d'être soi et Guérir son enfant intérieur... Il explique très bien ce sentiment de vide qui nous conduit à
vivre à 100 à l'heure ou à adopter ce qu'il appelle des "comportements déviants": être accro aux vacances, au travail, à la nourriture... Ce genre de livre devrait être remboursé par la Sécu ;
)
http://1enviedailleurs.com/


teparlerdemavie 19/07/2011 17:25



Merci beaucoup Anne-laure pour ce conseil de lecture (je connais de nom mais je n'ai encore jamais lu l'un de ses livres, c'est le moment, je crois)



Gaëlle 17/07/2011 18:12


Je te souhaite bon courage dans ta démarche


teparlerdemavie 17/07/2011 20:50



Merci Gaëlle :)



Coucou 17/07/2011 10:32


Ah cet article est magnifique mais tout aussi douloureux pour moi de le lire…le vide ?? J’ai ce gros problème moi aussi… Affronter le vide de notre vie peut être, de soi même.. ? Non ce vide n’est
que dans notre tête. Je découvre ces jours ci l’importance d’accepter le silence, les moments de « blanc » dans mes journées comme tu dis, l’importance de s’interroger sur ce qu’on veut vraiment de
notre vie et comment voulons nous la vivre. Pour ma part j’ai découvert pas mal de réponses, pour certaines d’entre elles je n’osais même pas les considérer (par manque de confiance en moi-même) eh
bien j’ai décidé de le faire dorénavant …afin de meubler ce soi disant vide qui est parfois tout simplement manque de courage … Je pense que le gros problème des personnes hyperphagiques c’est
justement la difficulté de se retrouver face à elles mêmes, cela peut être parfois intolérable et infiniment douloureux. Je me refuse dorénavant de meubler mon « ennui » avec la nourriture , c’est
le premier pas je pense .. Pas facile je te l’accorde ! Il m’est si difficile par exemple de m’accorder des moments sans rien faire…Je culpabilise tout de suite… Ta thérapeute me semble fantastique
!

J’aimerais tant que tu partages tes très beaux billets dans ma communauté « Au quotidien en vrac » sur l’hyperphagie, lien sur mon blog ou ci-dessous. Ton expérience est précieuse ! Mille
bisous

http://www.over-blog.com/com-1185328401/Au_quotidien_en_vrac.html


teparlerdemavie 17/07/2011 10:36



Merci beaucoup coucou, je me reconnais beaucoup dans tes propos.


Et oui, ma thérapeute est fantastique, elle me fait comprendre tellement de choses qui étaient complètement embrouillées en moi.



Claire 16/07/2011 13:56


C'est courageux ce que tu fais, tu y arriveras j'en suis sure, ais confiance en toi :)


teparlerdemavie 16/07/2011 15:24



Merci Claire :)



lillyrose 16/07/2011 08:57


C'est un article très interessant, qui m'apprend pas mal de choses, y compris sur moi même.


teparlerdemavie 16/07/2011 15:23



Ravie que cela puisse te servir aussi.


Il y a des troubles du comportement qui sont un peu universels. On se retrouve souvent dans l'histoire des autres.Et les réponses peuvent se partager aussi.