Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Le sucre et moi, une longue histoire d'amour.

Publié le par teparlerdemavie

august_is_ocher_sepia_27_by_martaraff-d47wwpi.jpg

 

Du plus loin que je me souvienne, je voue une véritable passion pour le sucre. Petite, je me régalais de bonbons, de tartes ou de gâteaux. Plus tard, j'ai trouvé dans tout aliment sucré le moyen de me consoler, de me faire plaisir, d'arrondir les angles. D'ailleurs, n'appelle-t-on pas un aliment sucré, une douceur ?

 

De la douceur, j'en avais besoin et j'avais trouvé là le remède le plus efficace contre toute émotion négative qui pointait le bout de son nez. Cela, je l'ai compris grâce à ma thérapeute lorsque nous avons abordé le problème de la gestion des émotions.

 

Je croyais au cliché sucre = drogue et j'étais persuadée que si je souhaitais retrouver mon poids génétique, j'allais devoir obligatoirement passer par un sevrage de la drogue la plus répandue sur terre : le sucre !

 

La première réflexion de ma thérapeute a été de me demander si j'avais toujours consommé du sucre. La réponse était oui et si j'avais toujours eu des problèmes de poids, la réponse était non.

 

Le simple fait de réaliser que non, le sucre n'était pas la cause de mon surpoids, m'a déculpabilisée. Oui, c'est fou comme un aliment sucré a ce pouvoir inouï de nous faire culpabiliser alors que d'autres aliments (les légumes, par exemple), nous donnent au contraire, bonne conscience.

 

Sa deuxième réflexion a été de me faire comprendre que je mange du sucre pour combler des émotions.

Il ne faut pas s'étonner si nous recherchons à consommer du sucre lorsque nous sommes submergés par des émotions. Le sucre fait souvent référence à la petite enfance (voir au lait maternel d'où le besoin chez certaines personnes de consommer des milk shakes en abondance au premier soucis), à la maman qui nourrit son enfant alors qu'il a besoin de tendresse et d'amour.

 

Je sais que ma mère me faisait des crêpes lorsque je me blessais alors qu'un peu d'attention et de réconfort aurait suffit à étancher ma peine. Elle me donnait des bonbons pour que je la laisse tranquille lorsque je m'ennuyais, elle cuisinait toute sorte de gâteaux en guise de récompense pour mes bonnes notes...

 

Le problème n'était donc pas de manger des aliments sucrés mais de parvenir à vivre mes émotions sans chercher à les apaiser par l'alimentation. Ma thérapeute m'a expliquée que le sucre était employé par un nombre incalculable de personnes pour combler une émotion et qu'heureusement, la majorité parvenait à se réguler par la suite sans conséquence. C'est lorsqu'on ne sait plus les gérer autrement qu'en mangeant (qu'émotion=obligatoirement compulsion) que cela devient problématique.

 

J'ai commencé par noter tous les moments dans la journée où je ne pouvais résister au besoin de manger des aliments sucrés.

 

Très vite, j'ai réalisé que les deux instants les plus critiques pour moi étaient le soir en rentrant du boulot et après le dîner.

 

Chaque jour, en rentrant du boulot, je ressentais le besoin de manger pour calmer le stress de la journée et retrouver de l'énergie. Et dans ces moments-là, je consommais tout aliment extrêmement calorique. Beaucoup d'énergie en un minimum de temps.

 

Le soir après le dîner, mes aliments étaient essentiellement sucrés. De vrais douceurs pour m'apaiser, me réconforter avec un petit quelque chose d'infantile.

 

La deuxième étape fut de changer de comportement : je me libère du stress de ma journée et je m'apaise avant d'aller me coucher autrement qu'en mangeant.

 

Je ne devais à aucun moment limiter ma consommation de sucre. Lorsque j'avais faim, je pouvais, si j'en ressentais l'envie, manger à ma guise n'importe quel aliment sucré tout en continuant à m'arrêter à satiété.

J'ai commencé par mettre en place des solutions autres que la nourriture. Par exemple, le soir en rentrant du boulot, au lieu de me précipiter vers le frigo, je faisais un détour pour me créer une sorte de sas de décompression avant mon retour chez moi. Une simple balade de 10 minutes me permettait de comprendre que mes crises le soir n'était pas dues à la faim (ce que je croyais au départ) mais bel et bien à une mauvaise gestion de mes émotions.

 

Après le dîner, je me suis créée un rituel pour calmer mes angoisses de fin de journée avant d'aller me coucher. J'ai cessé de regarder la télévision (très anxiogène), je me suis mise à la lecture, au soin et massage du visage, à la relaxation.

 

Et j'ai fait un gros travail de pleine conscience : je laisse chaque émotion vivre dans mon corps. Je la repère, je la laisse s'exprimer puis partir d'elle-même sans chercher à la contrer, à la nier ou à la dissoudre en mangeant.

 

Et, alors que je ne pensais jamais pouvoir me libérer de mon attrait excessif pour le sucre, je me suis surprise à le consommer de façon naturelle, sans exagération. Je ne ressens plus ces fringales de sucre, je commence même à mieux apprécier les aliments salés.

 

Alors non, les compulsions de sucre ne sont pas une fatalité. Il est possible d'en sortir en comprenant leur origine et en mettant en place des solutions qui correspondent aux besoins de chaque moment sensible de la journée.

 

 

Partager cet article

Repost 0

Zermati, mode d'emploi.

Publié le par teparlerdemavie

nut ice cream by olciakubus

 

Depuis quelques temps je lis de plus en plus de propos fantaisistes quant à la méthode Zermati. La plus grosse confusion étant de la comparer à un régime.

 

C'est pour cela que j'avais envie de rappeler les grandes lignes de la méthode Zermati :

 

Le but premier est de retrouver sa régulation naturelle, de laisser son corps faire le choix des quantités dont il a besoin pour être nourri convenablement et des groupes d'aliments qui lui sont nécessaires pour vivre :

 

-Aucun aliment n'est interdit. On ne parle plus de « calorie », ni d'aliments trop gras ou sucrés.

-On ne s'affame plus : on a faim, on mange.

 

On ne mange plus avec sa tête mais avec son corps. Finies les prises de tête du comptage des calories, de l'association de tel aliment avec tel autre aliment, si on respecte ses envies, on respecte ses besoins et le choix se fait naturellement (ça n'est pas par hasard que l'on ressent l'envie de manger des bananes ou des amandes, des pâtes ou des légumes).

 

Et pour celles et ceux qui rétorquent que s'ils laissaient leur corps décider, ils ne mangeraient que des aliments gras ou sucrés, je réponds non puisqu'après la première phase (on a tendance à manger tous les aliments dont on s'est privés suite aux régimes), nos besoins s'équilibrent et on mange de tout.

 

Retrouver sa régulation naturelle passe donc par apprendre ou réappendre à reconnaître ses sensations de faim et de satiété.

 

On mange quand on a faim, on s'arrête dès qu'on est rassasiés.

 

Et même si ça a l'air simple sur le papier, en pratique, ça peut demander beaucoup d'attention et du temps (il faut parfois savoir être patient).

 

Lorsqu'on mange à satiété, on retrouve peu à peu son poids génétique (poids que l'on tient sans le moindre effort).

 

Il n'y a aucune règle diététique : on mange tous les aliments de tous les groupes en respectant ses goûts et ses besoins, on boit dès que la soif apparaît, même au milieu du repas, il n'y a pas de notion de trop calorique car chaque aliment calorique ingéré nous rapprochera plus rapidement de la satiété, il suffit donc de s'écouter.

 

Alors, c'est vrai, tout paraît très simple, trop simple. La plus grosse difficulté réside dans la capacité que nous avons à nous écouter, à oublier les préceptes diététiques longuement inculqués dans beaucoup de familles, dans les magazines, par la société, chez les diététiciens ou nutritionnistes... et notre aptitude à gérer nos émotions.

 

Il n'est pas du tout évident de reconnaître nos envies de manger émotionnelles (lorsqu'on mange pour combler, étouffer... une émotion) et de parvenir à gérer ces émotions autrement que par la nourriture.

Combien sommes-nous à manger ou grignoter par ennui, pour calmer une colère, une frustration ou même pour fêter un événement joyeux ?

 

C'est finalement le plus dur à gérer. Mais tout au long de ce travail sur soi (car la méthode nous invite à l'introspection), on apprend à se connaître, à s'aimer et à trouver d'autres moyens pour gérer nos émotions autrement qu'en mangeant.

 

Car se respecter passe aussi par la nourriture.

 

Tous ceux qui connaissent bien la méthode et la pratiquent comprennent à quel point elle les libère de tout carcan diététique et les responsabilise (contrairement à tous ces régimes idiots qui infantilisent).

 

Alors quand j'entends : « j'ai fait la bêtise de suivre le « régime » zermati et j'ai pris 2 kg en 2 semaines », je réponds : « Zermater ne veut pas dire s'autoriser à manger tous les aliments dont on se prive durant les régimes n'importe quand, n'importe comment. Dépasser sa faim continuellement fera grossir tout le monde".

 

Par contre dépasser sa faim puis attendre que la faim revienne pour manger de nouveau, donc se réguler, n'entraînera pas de prise de poids. Zermater, c'est : s'écouter et respecter sa faim et sa satiété, éliminer peu à peu tous nos aliments tabous, à l'aide d'exercices et apprendre à faire confiance en son corps.

 

En débutant la méthode Zermati, je ne pensais pas découvrir autant sur moi. Cette méthode m'a permis de grandir et de changer complètement l'image que j'avais de moi et de ma vie.

 

 

Partager cet article

Repost 0

La peur de la faim.

Publié le par teparlerdemavie

Clock by fL0urish

 

Il y a quelques semaines, j'expliquais à ma thérapeute à quel point la faim m'effrayait. Je me sentais comme une intolérante émotionnelle incapable de survivre au moindre signe de faim.

 

Et fatalement, jour après jour, j'anticipais cette faim en mangeant.

 

Je mangeais pour lutter contre cette peur, je mangeais en prévision d'une hypothétique impossibilité de trouver de la nourriture là où je me rendrais. J'avais toujours mille excuses pour manger sans faim à tout moment de la journée.

 

Et manger sans faim, ça n'aide pas à retrouver son poids génétique.

 

Je lui en ai donc parlé pour qu'elle m'aide à comprendre d'où me venait cette peur irrationnelle et que je parvienne à la regarder en face sans trembler et devoir me ruer sur la nourriture.

 

Elle m'a dit que le meilleur moyen de savoir ce qui se passait en moi était tout bêtement de ne pas manger durant une journée et de tout noter.

 

Grosse frayeur ! Une journée sans manger, je vais mourir !

 

Et justement, elle me rappelle que jeûner une journée n'a jamais tué personne et que je m'en rende compte par moi-même m'aidera à calmer ces peurs. En ajoutant que si cela m'était insupportable, je pouvais manger le soir.

 

Me voilà donc décidée à tenter l'expérience avec l'ordre de ne pas me peser, ni avant, ni après car le but ne devait être, en aucun cas, de perdre du poids et me créer ainsi une éventuelle autre croyance.

 

Je choisis donc de faire cette expérience très vite après ma séance pour ne pas me laisser submerger par la peur et abandonner avant même d'avoir commencé.

 

Le matin du fameux jour, je me prépare une grande bouteille d'eau, un calepin pour noter tout ce qui me passe par la tête et j'attends fébrilement que la faim apparaisse.

 

Très vite, de savoir que je ne pourrais pas manger avant le soir réveille mes angoisses, je m'imagine faible, incapable de bouger, de survivre à cette journée et les minutes me paraissent des heures.

 

Première épreuve : c'est l'heure du petit dejeuner. Mes sensations me semblent décuplées, je ressens la faim de façon aigue. A plusieurs reprises, je m'oblige à respirer calmement et je note comment mon corps et mon esprit réagissent : le cœur qui s'emballe, la gorge qui se noue, les images qui défilent. Je n'en mène pas large.

 

Au fil des heures, à intervalle régulier, mes angoisses apparaissent, me paralysent et je réalise que j'ai réellement un sentiment de mort imminente. Je prive mon corps de nourriture, il n'y survivra pas.

 

Et ma peur de l'abandon se profile. Je vois ma mère, ma douleur s'aiguise, elle ne m'a pas désirée, ne m'aime pas, je ne suis pas nourrie par son amour, je ne suis nourrie que d'aliments qui calent l'estomac mais laissent le coeur vide. Je me sens mal aimée, délaissée, abandonnée. Mon coeur saigne, réclame ce dont il a besoin pour battre : de l'amour.

 

Et cet amour, aujourd'hui, je peux me le donner. Je suis même la mieux placée pour cela. 


Petit à petit, je parviens de mieux en mieux à m'apaiser grâce à la respiration, aux exercices de pleine conscience et soudain en fin d'après-midi, j'admets que ces peurs sont tout à fait irrationnelles et que rien de terrible ne peut m'arriver.

 

Le soir, au moment du repas, je me sens même bien plus apaisée et sereine que je ne l'ai jamais été.

 

Quelques jours plus tard, je retrouve ma thérapeute munie de mon carnet de notes et ravie d'avoir vécu cette expérience riche en enseignement.

 

En le lisant, elle me dit que mes peurs viennent de croyances qui gangrénaient mon esprit (que je ne pouvais survivre sans l'amour d'une mère, que je devais noyer mes ressentiments pour ne pas les exposer au grand jour et faire éclater certaines vérités, que j'étais une enfant ingrate...) et qu'en laissant la parole à mon corps et non à ma tête, j'étais parvenue à dépasser mes peurs et à démonter ces croyances désormais obsolètes.

 

Depuis ce jour, mon rapport à la faim a littéralement changé et désormais, à chaque fois que mes angoisses resurgissent, je sais comment les calmer autrement qu'en mangeant.

 

Je sais aussi que tout est un éternel recommencement et lorsque je me sens de nouveau aspirée par mes croyances, je reprends ce simple exercice de jeûn, sur quelques heures seulement (inutile de le poursuivre toute une journée. A présent quelques heures suffisent à retrouver confiance en moi).

 

Affronter ses peurs, comprendre leur origine nous permet vraiment de changer notre attitude face à elles. C'est ce que j'ai fait et je sais aujourd'hui que je suis parvenue de moi-même à changer un comportement mauvais pour moi.

 

 

 

 

Partager cet article

Repost 0

L'été des super-héros.

Publié le par teparlerdemavie

THE-AMAZING-SPIDER-MAN.JPG The-Dark-Knight-Rises-Posters-1.jpg

 

Ces derniers jours, avec mon fils, nous avons été au cinéma voir Spider-Man et Batman.

 

Deux super-héros qui ne nous ont pas laissés indifférents. Même si, pour ma part, j'ai une vraie préférence pour ce dernier opus de Spider-Man, plus virevoltant que jamais.

 

Dans un premier temps, il n'était pas envisageable pour moi d'aller voir l'un ou l'autre de ces films mais lorsqu'on a un fils de 11 ans, on n'y coupe pas.

 

Et je n'ai pas regretté.

 

Spiderman : résumé : Abandonné par ses parents lorsqu’il était enfant, Peter Parker a été élevé par son oncle Ben et sa tante May. Il est aujourd’hui au lycée, mais il a du mal à s’intégrer. Comme la plupart des adolescents de son âge, Peter essaie de comprendre qui il est et d’accepter son parcours. Amoureux pour la première fois, lui et Gwen Stacy découvrent les sentiments, l’engagement et les secrets. En retrouvant une mystérieuse mallette ayant appartenu à son père, Peter entame une quête pour élucider la disparition de ses parents, ce qui le conduit rapidement à Oscorp et au laboratoire du docteur Curt Connors, l’ancien associé de son père. Spider-Man va bientôt se retrouver face au Lézard, l’alter ego de Connors. En décidant d’utiliser ses pouvoirs, il va choisir son destin…

 

Un vrai coup de coeur en ce qui me concerne. Je m'attendais à un remake décevant mais finalement je suis tombée sous le charme de ce spider-Man, plus rythmé, visuellement très réussi et un héros sympa et cool ! Un vrai bon moment de cinéma, sans prise de tête, juste du plaisir.

 

Quant au dernier Batman, résumé : Il y a huit ans, Batman a disparu dans la nuit : lui qui était un héros est alors devenu un fugitif. S'accusant de la mort du procureur-adjoint Harvey Dent, le Chevalier Noir a tout sacrifié au nom de ce que le commissaire Gordon et lui-même considéraient être une noble cause. Et leurs actions conjointes se sont avérées efficaces pour un temps puisque la criminalité a été éradiquée à Gotham City grâce à l'arsenal de lois répressif initié par Dent.
Mais c'est un chat – aux intentions obscures – aussi rusé que voleur qui va tout bouleverser. À moins que ce ne soit l'arrivée à Gotham de Bane, terroriste masqué, qui compte bien arracher Bruce à l'exil qu'il s'est imposé. Pourtant, même si ce dernier est prêt à endosser de nouveau la cape et le casque du Chevalier Noir, Batman n'est peut-être plus de taille à affronter Bane…

 

Même si les 2h45 passent vite, qu'on ne s'ennuie pas, l'histoire reste un peu plate selon moi et surtout ma plus grosse déception a été sur les effets spéciaux. Je m'attendais à un film énorme de ce point de vue et que voit-on ? Batman se battre à main nu (et se rétamer) sans magie, sans montée d'adrénaline et battements de coeur comme on peut l'espérer d'un super-héros.

Mais même si je n'ai pas été particulièrement emballée, mon fils a adoré et c'est ce que je garderai : mon fils, réjoui par ces 2h45.

 

Les super-héros continueront encore longtemps de faire rêver les enfants... et leurs parents.


Partager cet article

Repost 0

Face à face.

Publié le par teparlerdemavie

e98af24332ce8a9de0529a3b5a9a2fde.png

 

Je crois qu'il y a un avant mon passage dans cette cabine et un après. Lorsque j'en suis ressortie, je n'étais plus la même.

 

Comme chaque année, au moment des soldes, je vis (comme beaucoup de femmes) le terrible traumatisme de la cabine d'essayage. Il faut dire que je n'ai pas de miroir chez moi, je ne me vois donc de plein pied que les quelques fois dans l'année où je fais du shopping.

 

Cette année avait une saveur (amer) particulière puisque je n'avais jamais atteint un poids aussi élevé de toute ma vie même si j'avais décidé de ne plus m'en vouloir, ni de culpabiliser (il n'en demeurait pas moins qu'affronter les terribles miroirs des cabines effroyablement éclairées était une véritable épreuve).

 

Je suis rentrée dans ce grand magasin avec le désir profond de me faire plaisir et cela passait par m'offrir une robe enfin à ma taille et non 1 (voir 2) taille trop petite dans l'hypothèse invraisemblable que je perdrais peut-être du poids dans les 3 prochains mois.

 

J'avais décidé d'être honnête avec moi-même et de m'habiller de façon à être à l'aise pour ce jour-là et celui d'après au lieu d'anticiper quelque perte que ce soit.

 

C'est donc les bras chargés de robes à ma taille (du moins, celle que je pensais faire) que je suis entrée dans cette cabine, qui allait (mais je ne le savais pas encore) changer ma vie.

 

Je me suis déshabillée en esquivant le miroir, mes yeux fermés, histoire de ne pas tomber à la renverse devant l'image de mon corps difforme. Puis, j'ai bien dû les rouvrir pour vérifier si la robe que je venais d'enfiler m'allait... ou non.

 

Et là, grand choc ! Je me suis vue et je ne me suis pas reconnue. La robe était trop serrée, elle me boudinait (j'avais pourtant pris la plus grande taille du portant), je l'ai donc enlevée pour me faire face et regarder vraiment ce corps qui ne pouvait m'appartenir.

 

Je n'ai pas détourné le regard une seule fois, j'ai posé mes mains sur toute cette chaire qui était mienne et j'ai réalisé, pour la première fois, tout le mal que j'avais pu me faire.

 

Ce corps était le mien et pourtant je l'avais traité comme un ennemi.

 

J'ai réalisé, pour la première fois, tout ce qu'il avait fait pour moi, toute cette abnégation dont je n'étais pas consciente. Il avait porté mes enfants, il m'avait permis de lutter contre mes angoisses en se forgeant une sublime carapace, il avait subi toutes mes colères, mes déprimes et mon profond sentiment d'abandon.

 

Car sous mes yeux, c'est un corps à l'abandon que je voyais. Un corps délaissé comme une chose que l'on n'aime plus, qu'on s'est même mise à haïr.

 

J'ai soudain ressenti un élan d'amour incroyable, une envie irrépressible de m'amender et de lui offrir toute l'attention qu'il méritait, toute l'affection que je lui refusais jusqu'à maintenant en le tenant pour responsable de mon malheur

 

Ce corps, c'est le mien, c'est à moi de l'aimer et de le porter le plus loin que durera ma vie.

 

Je suis ressortie de cette cabine bouleversée mais follement enthousiaste à l'idée de lui rendre un peu de tout ce qu'il a pu me donner tout au long de ces 40 années.

Oui, ce jour-là, j'ai vu le pire... mais surtout le meilleur.

Oui, ce jour-là, ma vie a basculé, j'ai enfin compris que j'avais un corps et pas seulement un mental.  


Partager cet article

Repost 0