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La méchante.

Publié le par teparlerdemavie

La méchante.

J'avais envie de raconter pourquoi je cherche le bonheur simple, pourquoi j'accorde une attention particulière à mon comportement, qu'il soit bienveillant envers tous ceux qui partagent un petit bout de ma vie. J'apprends l'indulgence, l'amour de soi et de l'autre et j'aime ce que ces sentiments me renvoient. J'en ai besoin pour m'aimer pleinement, sans retenue.

Je me suis très longtemps perçue comme une personne méchante, sans bien savoir d’où me venait cette terrible charge que je faisais peser sur mes épaules. J’avais juste, au fond de moi, malgré mes bonnes actions, une image de moi si négative que j’en étais venue à accepter l’idée que j’étais bel et bien un horrible individu.

Que de souffrance.

Et je les voyais, dans ma famille (oui, ça les arrangeait bien que ce soit moi qui endosse ce rôle ingrat, les protégeant par la même occasion) se rengorger d’être épargnés et profiter pour enfoncer le clou dès qu’il me prenait l’idée de vouloir dénoncer cette injustice. Je me sentais si exclue que je n’en souffrais que d’avantage.

Tenir le rôle de la méchante dans la fratrie, c’est être accusée en lieu et place des vrais coupables, c’est être montrée du doigt à la moindre incartade, c’est être tenue pour responsable des bavardages incessants, même si mes lèvres restaient hermétiquement closes, c’est être le réceptacle de toutes les critiques tout en étant dépourvue d’attention.

Et au fil des années, cette croyance s’est ancrée en moi jusqu’à se fossiliser dans ma chair. Je n’étais plus celle qui était considérée comme la méchante, j’étais devenue « la méchante ».

Et là, tous tes actes d’amour, de tendresse, d’amitié… deviennent suspicieux.

J’ai grandi avec cette étiquette collée sur le front et elle ne m’a plus lâchée jusqu’à…

Jusqu’à ce que je n’en puisse plus.

L’âge adulte a cela de bon, c’est qu’il te permet de prendre tes distances avec ceux qui te collent dans de toutes petites cases pour leur propre confort personnel.

J’ai fui et j’ai cherché à comprendre. Et aujourd’hui, je sais.

Je sais que je n’étais pas une enfant désirée et que je fus une déception d’autant plus grande que je suis née fille et non garçon. Après 2 filles, si encore j’avais eu la grâce d’être un garçon, toute la rancœur accumulée durant la grossesse aurait pu être soufflée par un sexe approprié. Même pas. Non, je n’ai pas eu le plaisir (et la gentillesse) de leur offrir ce qu’ils auraient pu accepter et j’en ai payé le prix.

Je fus donc celle qui gênait par sa présence, celle qui empêchait ma mère de profiter de son bon gros bébé joufflu qui était ma sœur, née 12 mois avant moi.

Je fus celle à qui on colla l’étiquette de « méchante » parce que je nuisais au bon plaisir de mes parents.

J’ai appris et compris mon histoire.

Je me sens comme un jouet défectueux, je suis cassée, abîmée... à vie. Je laisse toujours les autres m'atteindre, je leur donne une emprise sur moi et me punis en conséquence. J'ai passé ma vie à me punir d'un acte, ma venue au monde, dont je n'étais pas responsable.

Alors aujourd’hui, je souris lorsqu’on me dit que je suis trop gentille, que j’en fais trop, que ma naïveté est d’un ridicule absolu… aujourd’hui, je me fiche qu’on me trouve trop tendre car je vis. Je vis enfin sans ce masque immonde.

Aujourd’hui, j’ai le pouvoir d’agir avec compassion et empathie, j’ai le pouvoir de renaître telle que j’ai toujours espéré être : humaine et empathique. Je sais d’où je viens et pourquoi ce besoin existe. Et c'est tout ce qui m'importe. Alors je crie haut et fort : "je suis vivante et j'aime!" J'aime la vie, j'aime partager, j'aime aider, soutenir, écouter et comprendre les autres, c'est un tel bonheur au quotidien et rien, plus jamais ne m'empêchera d'être une personne bonne, sincère et honnête. Et plus jamais je ne laisserai qui que ce soit me faire croire le contraire. Je ne veux plus être victime des autres, ni un bourreau pour moi-même, je veux être libre. Libre de m'aimer et de croire en moi.

 

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Comprendre...

Publié le par teparlerdemavie

Comprendre...

Cette semaine, j’ai envie d’écrire une série de billets pour me raconter, mais aussi comprendre et expliquer qui je suis et comment j’en suis arrivée là. J’ai envie d’ouvrir une porte sur mon cœur, mon corps et mon âme, parler pour pardonner à ceux qui m’ont fait souffrir et surtout me pardonner "moi" de tout le mal que je me suis fait et que je me fais encore.

Pardonner est, selon moi, la plus haute marche à atteindre pour pouvoir enfin avancer sur le chemin de sa vie en toute sérénité, le cœur léger. Je suis pour le pardon, je suis pour me libérer de toutes ces rancœurs, ces souffrances et je crois que tout doit être pardonné. Sinon comment pouvons-nous avancer si notre cœur est empli de haine, comment pouvons-nous porter ce poids toute une vie sans s’écrouler un jour ou l’autre ?

Pour moi le pardon est essentiel et il est grand temps que je pardonne à ceux qui ont profité de moi, m’ont offensés, et surtout, il est grand temps que je me pardonne.

Je me sens si coupable. Coupable d’avoir été jugée et condamnée sans parvenir à faire valoir mes droits, coupable d’avoir cru en l’autre et en la bonté humaine, coupable d’être née fille, coupable d’avoir survécu, coupable de tout, coupable, coupable, coupable !

Cette culpabilité, je l’ai suffisamment trainée derrière moi comme un boulet. Je souhaite m’en détacher. Je suis enchainée depuis trop longtemps à mon passé, il me ramène toujours à lui dès que je m’approche un peu trop de la liberté, de l’émancipation complète de ce qui est « le passé ». C’est comme si, quelque part, je n’en avais pas le droit. Mais ce droit, aujourd’hui, je peux me l’accorder. Je dois me l’accorder. 

 

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21 ans.

Publié le par teparlerdemavie

Ma fille, aujourd'hui, a fêté ses 21 ans.

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« Effroyables jardins » de Michel Quint.

Publié le par teparlerdemavie

« Effroyables jardins » de Michel Quint.

« Le jeune garçon aimerait bien pouvoir se cacher, disparaître, lorsque son père, instituteur respecté, se déguise en clown amateur. Entre honte et mépris, il assiste à ses numéros. Jusqu’au jour où son oncle Gaston lui révèle le sens de cette étrange vocation en lui dévoilant un épisode tragi-comique de la seconde guerre mondiale… »

« Sans vérité, comment peut-il y avoir de l’espoir ? Et sans mémoire ? »

« Aussi loin que je puisse retourner, aux époques où je passais encore debout sous les tables, avant même de savoir qu’ils étaient destinés à faire rire, les clowns m’ont déclenché le chagrin. Des désirs de larmes et de déchirants désespoirs, de cuisantes douleurs et des hontes de paria. 

(…) C’est que mon père, instituteur de son état, traquait et prenait aux cheveux toutes les occasions de s’exhiber en auguste amateur. Larges tatanes, pif rouge, et tout un fourbi bricolé de ses vieux costumes, des ustensiles de cuisine mis au rencard. Faut-il le dire, quelques dentelles aussi, abandonnées par ma mère, lui donnait une couleur trouble. Ainsi armé et affublé de la sorte, casqué d’une passoire à l’émail écaillé, cuirassé d’un corset rose à baleines, presse-purée nucléaire à la hanche, casse-noix supersonique au poing, c’était un guerrier hagard, un samouraï de fer-blanc qui sauvait l’humanité intergalactique et aussi la nôtre, toute bête, dans un numéro pathétique de niais solitaire contraint de s’infliger tout seul des baffes et des coups de pieds au cul. Une espèce de Matamore d’arrière-cuisine, un Tintin des bas-fonds, dont personne ne suivait le galimatias à peine articulé mais qui avait le chic pour émouvoir l’assistance ».

C’est mon fils qui m’a fait découvrir ce tout petit livre qu’il étudie en classe.

Et j’ai été happée immédiatement par chaque mot de ce court récit biographique qui mêle le style soutenu du narrateur à celui familier de Gaston, l’oncle de son père.

Michel Quint nous raconte avec dignité son regret de ne pas avoir compris les raisons qui poussaient son père à se déguiser en clown et, pour sa plus grande honte, à se produire sur des scènes piteuses dans des spectacles pitoyables.

Ce livre est un témoignage bouleversant pour ce père incompris à qui il rend hommage en endossant à son tour le costume de l’auguste lors du procès de Maurice Papon.

J’ai trouvé ce texte d’une grande pudeur. Il en ressort un réel respect pour ces hommes, qui, lorsqu’ils ne sont pas aveuglés par la haine, peuvent faire preuve d’un vrai élan de compréhension.

Ce récit parle d’amour et d’humour lorsque tout semble perdu.

Ce récit est un hymne à la reconnaissance, aux valeurs et à l’humanité.

Il est bien précieux qui m’a ému aux larmes.

Et cette lecture m’a permis d’échanger avec mon fils sur le sujet sensible qu’est la collaboration durant la seconde guerre mondiale. L’auteur expose sans récrimination des horreurs commises par certains hommes comme des dénonciations calomnieuses pour des raisons si futiles qu’elles ont sont atroces.

Quelle dignité, quelle sobriété.

Alors, pour ceux qui ne le connaissent pas encore, offrez-vous ces quelques heures (à peine 2) d’une vérité poignante qui ne vous laissera pas indifférent.

 

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À ceux qui ne répondent jamais aux commentaires.

Publié le par teparlerdemavie

À ceux qui ne répondent jamais aux commentaires.

 

Il y a des blogueurs qui ne répondent jamais aux commentaires et ça m’intrigue.

Je ne souhaite surtout pas écrire un billet qui juge ou critique qui que ce soit, je ne désire pas aller dans ce sens. J’ai juste envie de savoir, de comprendre la ou les raisons qui poussent ces auteurs dont j’adore les écrits (sinon je ne laisserais jamais de commentaires), à ne jamais répondre aux commentaires.

J’en avais déjà parlé sur mon blog, il y a quelques années, ça me touchait car ça réveillait en moi une blessure de rejet disproportionnée au vue de la raison mais c’était quelque chose que je ne maîtrisais pas (ça se réveillait brutalement comme une bête endormie qui vient d’être perturbée dans son sommeil) et je ne comprenais pas ma douleur face à ça. D’un côté j'éprouvais un sentiment d'infériorité, me disant que ce que j’avais écrit n’était pas suffisamment intéressant pour être pris en compte, puis, venait l’indignation « pourquoi ferais-je l’effort pour prendre le temps d’écrire quelques mots si la personne à qui j’offre ce temps n’en a que faire? », parce que le plus douloureux est de se demander « est-ce qu’au moins, elle/il lit mes commentaires » (et ceux des autres) ?

Alors ceux qui reçoivent des centaines de commentaires, je comprends parfaitement qu’ils ne puissent répondre à tous, d’ailleurs, la plupart répondent à quelques messages, ça n’est bien évidemment pas d'eux dont je parle. Non, il y a des blogueurs qui reçoivent juste quelques commentaires (une dizaine) et ne répondent jamais à aucun d’eux. Mais pourquoi ?

Et puis, entre temps, j’ai grandi, j’ai compris que d’être ainsi ignorée avait réveillé des blessures qui m’appartiennent et ne concernent que moi, et non ceux à qui je laisse un commentaire. J’ai compris que je ne pouvais pas demander aux autres d’entendre mon besoin d’être vue, entendue. J’ai compris que je devais dépasser cela. Alors je travaille sur mon estime de moi, ma confiance en moi pour ne plus me sentir transparente, invisible aux yeux des autres.

Et je crois que je commence à sortir du besoin de ce regard extérieur, aujourd’hui, je commente uniquement par envie, poussée par le plaisir du partage et je suis toujours très heureuse d’en lire les réponses mais je ne me mets plus dans un sale état pour les autres. Mais me restent les interrogations dues à ma curiosité.

Pourquoi ne répondez-vous jamais aux commentaires ?

Est-ce que c’est juste un manque de temps, un manque d’envie ou d’avis ? Oui, parfois on ne sait pas quoi répondre, on reste en suspens, les doigts au-dessus du clavier sans savoir quoi écrire et le premier mot manque cruellement à l’appel alors on finit par déposer un « merci », « bonne journée »… juste pour dire « je t’ai lu et merci d’avoir fait cet effort de laisser un mot ».

Mais je ne pense pas que ce soit une question d'impolitesse, de manque de sociablité ou de peur, d'où mon interrogation. En fait, ça me manque juste de ne pas savoir. Comme un petit trou dans ma besace d'où s'échappe le sens. Comme un gratouillis qui te démange et se rappelle à ton bon souvenir à intervalle régulier et dès que tu poses le doigt dessus, tu ne peux pas t'empêcher de gratter jusqu'à l'apaisement (oui, gratter, parfois, c'est le bonheur!)

Voilà où j’en suis. J’espère que ce billet ne sera pas mal perçu, je ne cherche surtout pas à culpabiliser qui que ce soit, juste à comprendre alors si vous avez des réponses, je serais heureuse de les accueillir et pour moi, toute réponse est valable car elle a le mérite d’exister.

Et je sais que quoi qu’il arrive, je continuerai à commenter un billet qui m’a plu, interpellé, renseigné, éveillé ma curiosité, fait réfléchir, rire, sourire ou pleurer car j’aime ça tout simplement.  

 

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