Manger avec l'insouciance de l'enfance.

Publié le par teparlerdemavie

Manger avec l'insouciance de l'enfance.

Il y a peu, je lisais le message d’une amie qui expliquait se perdre dans la méthode zermati. Elle racontait comment chaque semaine, chaque lundi, plus précisément, elle reprenait la méthode du début, en espérant, à chaque fois, que ce soit la bonne.

Je me suis revue, moi aussi, à mes débuts, cherchant le meilleur angle d’attaque pour bien appréhender la méthode et j’ai compris ce qui bloquait, ce qui l’empêchait de vivre son zermatage avec aisance : elle appliquait la méthode à la lettre, comme elle l’aurait fait pour un régime et au premier échec, pensait qu’il lui fallait tout reprendre à zéro.

En me baladant sur les sites et blogs consacrés à la méthode zermati, j’ai constaté que certaines (de plus en plus nombreuses) s’essoufflaient sur la durée, épuisées d’être constamment à l’écoute de leurs sensations, d’être obnubilées par leur faim et leur satiété qui en devenaient des obsessions aussi condamnables que n’importe quelle obligation de régimes.

Et ces femmes, qui avaient lutté durant des années pour maigrir, qui pensaient s’être enfin libérées des contraintes éreintantes, se voyaient de nouveau en proie à la frustration, au contrôle et à la volonté.

Je comprends tellement ces sentiments pour les avoir vécu et les vivre encore parfois mais j’ai compris une chose qui m’a peu à peu libérée : retrouver ma régulation n’est pas un précepte composé de règles rigides à suivre avec des « il faut » ou des « je dois » mais plutôt me replonger dans ma plus tendre enfance, à l’époque où je mangeais sans me poser de questions, revivre au mieux ces moment-là où la nourriture n’était pas une source d’anxiété ni une obsession quotidienne.

Au début, certes, ça sonne comme un rêve inaccessible, tu te souviens de tes jeunes années avec nostalgie en songeant à quel point cette liberté était précieuse et comme tu as pu la gâcher le jour où tu t’es réveillée et que tes quelques kilos en trop de l’époque t’ont paru insupportables. Et puis, ces quelques kilos, les régimes les ont faits fructifiés avec une efficacité redoutable et 15 ans plus tard, ça n’est plus 3 kg qui te gâchent la vie mais 20 voire plus.

Et peu à peu, ces souvenirs d’enfance que tu croyais perdus à jamais redeviennent réalité car tu cesses, jour après jour de te prendre la tête avec ton alimentation et tu retrouves peu à peu l’instinct de ta jeunesse.

L’instinct, c’est ça qui importe. Chercher à s’alimenter de façon instinctive sans se préoccuper du fond ou de la forme (de l’heure et de l’aliment ni même des quantités), se vider la tête, ne plus chercher à savoir « est-ce que j’ai faim ? », « est-ce que j’ai assez mangé ? » parce que je ne sais pas pour vous mais personnellement, il suffit que je me branche à ma caboche pour qu’il ne se passe plus rien dans mon corps qui se met en mode « euh… ??? » et je me retrouve incapable de savoir ce dont il a besoin.

Alors, suite à ce constat, je me suis reconnectée à mon alimentation d’antan, lorsque je me régulais sans soucis, lorsque ma vie ne tournait pas autour de la nourriture, que je n’étouffais pas mes émotions en mangeant, que m’alimenter était naturel, instinctif et une source simple de plaisir avec cette sensation délicieuse de satiété.

Lorsque je replonge dans cette période, je sens le calme en moi revenir, je me sens en paix avec mon alimentation et je reprends confiance en mon corps car je sais qu’il a connu la régulation, qu’il s’en souvient alors je le laisse me guider en toute confiance, je ferme les yeux, j’oublie tous les préceptes appris dont ma tête est saturée et je laisse mon corps faire. Et plus je suis connectée à cet instinct que je croyais perdu à jamais, enfoui sous les décombres de mes régimes incessants, moins j’ai besoin de réfléchir à mes sensations. Pour moi, la clé est vraiment là, se débarrasser de toutes ces obsessions, toutes ces questions qui enflamment l’esprit, le fait tourner à plein régime et nous coupent de notre corps parce que je ne sais pas pour vous mais pour ma part, si ça commence à trop réfléchir là-haut, mon corps se coupe de tout, il devient insensible, impersonnel, il ne m’appartient plus et je ne ressens plus aucun signal. Et seules mes pensées parasites restent vives et je sais que manger dans ces conditions n’a jamais été une grande réussite car elles ont toujours les bons arguments pour me pousser à manger plus ou au contraire à me mettre en restriction. « C’est trop gras ! T’as plus faim ! Tu as mangé il y a une heure, tu ne peux pas avoir déjà faim ! Attends encore une heure ! Tu as suffisamment mangé ! Pas de sucre ! Ou dans les périodes délicates : « Mange, qu’est-ce que ça peut bien faire que tu aies du poids en trop ! Tu n’es pas si grosse que ça ! Ça n’est pas un gâteau de plus qui fera la différence ! Ignore ton estomac qui tiraille ! Si, tu as encore faim ! Tu ne vas pas laisser cette bouchée dans ton assiette ! Pense à ceux qui n’ont pas à manger ! Mange maintenant parce que tu ne sais pas si tu pourras manger plus tard ! … etc…, etc…, etc… l’enfer sur terre ! (oui, ça tourne vite au cauchemar si tu laisses tes pensées critiques prendre le dessus). Et quel épuisement !

Alors certes, ça m’a demandé un peu de temps pour manger naturellement mais me reconnecter à mon instinct, chercher à renouer avec mes prises alimentaires (sans questionnements) de mon enfance, laisser mon corps me guider, reprendre confiance en lui, la lui accorder les yeux fermés m’ont beaucoup aidé à avancer.

 

PS : je ne parle pas de se déconnecter des signaux de faim et satiété qu’envoie le cerveau (je précise pour être bien claire) mais seulement de toutes les pensées parasites qui se bousculent dans notre tête avant, au moment et après le repas. Ce sont elles qui nous coupent de nos sensations et se sont elles qu’il est important de faire taire pour laisser le corps s’exprimer et nous dire ce dont il a besoin.

 

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matchingpoints 28/01/2015 16:17

Il est étonnant de constater que notre société a un drôle de rapport avec l'alimentation : tout devient compliqué, calculé et réfléchi ! Nous avons perdu le contact naturel et le plaisir. Peut-être votre idée de nous remettre dans nos jeunes années peut nous aider ?

teparlerdemavie 29/01/2015 02:42

Je suis entourée de personnes régulées et je les vois manger avec simplicité, sans se poser de question, jour après jour. Ils n'ont pas eu ce grain de sable qui a enrayé la machine et tout détraqué, ils mangent instinctivement et ça change tout.