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54 articles avec mes questions existentielles.

Les larmes.

Publié le par teparlerdemavie

Les larmes.

Elles s’accumulent  au coin de mes yeux, menacent de couler mais ne débordent jamais. Je ne sais plus pleurer. J’érige, dès qu’elles affleurent, une barrière hermétique pour endiguer leur flot.

Pourtant elles ont souvent coulé par le passé mais ces effusions incessantes m’ont épuisées et la source s’est tarie. À peine quelques larmes qui rendent floue ma vision, à peine une montée d’émotion qui m’étreint, à peine… je me suis asséchée, cuirassée et appauvrie.

Car pour moi pleurer est la plus légitime des expressions. Elle est de celle qui nous rend humain. Alors pourquoi me le suis-je interdit ?

Mes larmes emprisonnées sont comme des cris muets. Je hurle en silence ma douleur qui ne s’évacue pas.

J’ai besoin de renouer avec ce qu’il y a de plus vivant en moi, de me laisser emporter par les flots, les vagues et les turbulences qui ponctuent mon présent.

J’ai un besoin fou et suppliant de les verser, d’inonder mes joues de sels, de soulager mon corps du poids de toutes ces larmes contenues. Il est temps que je tende la main à l’enfant blessée en moi, que je lui ouvre mes bras pour qu’elle s’y abandonne corps et larmes.

 

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Quand le silence s'installe...

Publié le par teparlerdemavie

Quand le silence s'installe...

J’ai fait une pause niveau cogitation et ma tête semble apprécier ces vacances au point de réclamer du rab de façon éhontée.

Alors je laisse mes pensées s’évader, s’éloigner et je ne cherche plus à les retenir. C’est une sensation curieuse, une sorte de paix dont je n’avais plus l’habitude. J’apprends à l‘apprécier.

Je dis « j’apprends » car ça n’a pas été facile au départ. Le premier jour, j’étais limite paniquée de ne plus être aussi présente mentalement.

J’ai toujours trouvé le silence effrayant. Je ne sais pas pourquoi, il m'apparaissait comme un trou dans lequel je pourrais me perdre. Une sorte de puits sans fond effrayant. Et pourtant, ces derniers jours, j'ai ressenti le besoin de renouer avec le silence. Alors je me suis approchée pas à pas, très lentement, jusqu'au bord de ce puits et j'ai regardé ce qu'il y avait au fond. 

Vous connaissez cette sensation, lorsqu'on s'approche du vide, de ressentir ce désir irrépressible de s'y abandonner, de lâcher la rampe et de plonger? Ce sentiment je l’ai craint, il m'a hanté. Mais une fois devant : rien. Juste un profond soulagement qu'aucune bête monstrueuse ne me saute au visage ou que les sirènes envoûtantes de l’appel du vide ne me précipitent pas par-dessus bord. Non, rien, juste un sentiment de calme… intense. 

Là, ce calme, je l’apprivoise car il ne m’est pas encore familier, il m’étonne, me laisse perplexe mais pourquoi pas ? Puisqu’il fait du bien.

J’ai laissé la parole à chaque part, aujourd’hui, j’apprends à apprécier leur silence.

 

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Mise à nu.

Publié le par teparlerdemavie

Mise à nu.

« Notre corps est le tableau vivant de notre histoire ».

Cette phrase, je l’ai lue sur une affiche scotchée au mur chez mon thérapeute. Elle me parle de mon corps, ses blessures et comme il a été cabossé au fil des ans. Je l'ai maltraité, malmené, critiqué, accusé, rejeté avant de le voir enfin dans sa vérité nue. Il m'est apparu soudain dans toute sa douleur, sa fragilité comme un enfant qui a subi tant de rancune. Je l'ai traité comme ma mère m'a traitée, avec indifférence, regret qu'il ne soit pas autre, du bon sexe, et violence en me reprochant jusqu'à mon existence.

Cette haine, je l'ai tournée vers moi. Je me suis fait souffrir, je me suis condamnée sans procès ni défense.

Et soudain, cette phrase que j'ai lue mille fois, qui m'avait, jusqu’alors traversé le regard, l'esprit et l'âme sans toucher aucune de mes cellules, a pris sens. Mes yeux qui semblaient aveugles, mon cerveau fermé aux mots, insensible et ignorant, se sont réveillés, comme sortis d’un long sommeil et chaque lettre s’est imprégnée en moi, devenant tout à coup, presque miraculeusement… une évidence.

Oui, notre corps est le tableau vivant de notre histoire. J’en prends conscience et je réalise la voie sur laquelle je m’étais engagée. Je m’étais perdue en route, j’ai soudainement retrouvé la vue et le chemin que je dois emprunter.

Mon corps est le tableau vivant de mon histoire si douloureuse. Il n’est qu’un enfant dans une enveloppe corporelle trop grande et trop lourde pour lui. Il n’est qu’un enfant qui a besoin désespérément d’amour, de tendresse et d’attentions. Et tout cela, aujourd’hui, j’ai le pouvoir de lui offrir. Je me dois bien ça, je lui dois bien ça.  

 

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Quand j'entends...

Publié le par teparlerdemavie

Quand j'entends...

Après mon article (ICI), j'ai lu et entendu des personnes, hommes et femmes confondus, énoncer la "bêtise" de faire de ce sujet (la fessée), une poussée émotionnelle inutile, voir pénible (quoi? On parle encore de ça?)

Voilà ma réponse à tous ceux qui sont convaincus qu'une fessée ou une gifle n'ont pas de conséquence sur l'enfant :

"Un enfant blessé dans son intégrité ne cesse pas d'aimer ses parents, il cesse de s'aimer lui-même." Jesper Juul.

Ces quelques mots expriment très bien mon ressenti. J'avais à coeur de les partager.

 

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Schizophrénie !

Publié le par teparlerdemavie

Schizophrénie !

On connait tous ces petites voix intérieures qui viennent si souvent polluer nos pensées avec leurs discours redondants sur le bien et le mal, ponctués de leçons de moral limitantes. Leur aptitude à nous faire croire qu’elles savent ce qui est bon pour nous, même si cela nous entraîne vers des contrées dangereuses, leur façon de nous saper le moral en moins de deux ou de bien nous ramener sur terre et à notre humble condition pour peu qu’on ait ressenti un pauvre désir de s’élever ne serait-ce qu’un peu… est infinie

Oui, je parle bien de ces petites voix narcissiques dont l’assurance et la prétention sont parfois d’une lourdeur grotesque ou, au contraire, dont les peurs et les doutes te plombent le peu d’assurance et de confiance qu’il te reste en un temps record.

Ces voix dissonantes, je les connais bien. Il y a celle qui me dit avec une certitude exaspérante que je n’ai pas le droit de m’élever au-dessus de ma condition (mais quelle condition ?!!! De quoi tu parles?!!!), celle qui me reproche de vouloir constamment me mettre au-devant de la scène, avec ce besoin désespéré d’attirer l’attention, d’être reconnue, celle qui me tape sur les doigts au moindre faux pas comme un vieil instituteur intransigeant, celle qui baisse les bras au premier obstacle, celle qui râle, qui vitupère devant sa propre bêtise, celle qui…

Bref, des voix, j’en ai une pelletée !

C’est ainsi, que je me suis présentée devant mon thérapeute la semaine dernière, lui racontant que j’avais beau savoir ce qui était bon pour moi, à quel point il était important que je m’autorise, que j’ose, que j’apprenne à prendre soin de moi, à me pardonner à moi et aux autres, il y avait toujours cette petite voix dissidente qui venait saboter mes efforts en m’expliquant que je ne méritais pas, que je n’en valais pas la peine, que je devais cesser de m’agiter, et ce, toujours avec des intonations autoritaires dans le genre « ferme ta bouche, punaise ! Et reste à ta place ! Ne te veux pas plus grande ni meilleure que tu ne l’es !»

Après m’avoir écouté en hochant la tête (je suis visiblement parvenue à me faire comprendre sans passer pour une folle bonne à interner), il m’explique que je dois comprendre que cette « voix » (qu’une amie appelle « radio critique », ou « radio cancan » C’est tellement ça !) que j’entends ne détient pas LA vérité (contrairement à ce que je pensais). Certes, elle parle en mon nom mais ne m’appartient pas dans le sens où elle ne fait que répéter ce qu’elle a entendu toute son enfance.

Ces mots ne seraient donc pas les miens mais ceux de mes parents (et plus particulièrement ma mère).

Et ces paroles ont si souvent été répétées, assénées comme des vérités, qu’elles en sont devenues des croyances. Je suis devenue ces mots. J’y ai cru. Profondément. Ils étaient MA vérité, mon MOI profond, mon IDENTITE.

J’ai toujours cru que celle qui « pensait », c’était « moi », qu’il s’agissait de ma propre opinion, de mes propres sentiments envers moi (d’où ma profonde culpabilité). Et de comprendre qu’il s’agit en fait d’une part de moi qui ne fait que répéter les paroles de ma mère en pensant du haut de ses 4-8 ou 12 ans… que tout ce qui lui était jeté à la figure était vrai, cela m’ouvre à de nouvelles perspectives. De fabuleuses perspectives !

Quelle libération !

Il m’explique alors que nous avons tous des parts en nous (nos voix intérieures) qui s’expriment selon leur vécu, leur souffrance, la morale qu’on leur a inculqué… etc… et qu’à l’avant de tout cela, il y a la conscience. Elle est comme un médiateur, un sage qui sait. La conscience entend chaque part, reconnaît l’existence de chaque part mais n’intègre aucune part. Elle est empathique dans le sens noble du terme, elle n’est pas mielleuse ni soumise. Elle n’est que bienveillance. Et c’est ma conscience (la première voix qui s’exprime avant d’être avalée par les autres), ce merveilleux guide que je dois écouter, c’est elle l’adulte responsable, c’est elle, mon identité. C’est elle qui s’exprime déjà lorsque je parle avec mes enfants, que je suis une maman attentive et aimante, c’est elle qui sait éprouver de l’empathie pour les autres, qui apprend chaque jour à écouter et entendre les besoins d’autrui. Elle existe déjà et se manifeste dans bien des domaines, il me reste juste à accepter de lui laisser la parole en ce qui me concerne. De lui donner sa vraie place.

Je dois vraiment faire la différence entre ce qui est en lien avec mon enfance (et me veut du mal) et ce qui est relié à la femme que je suis aujourd’hui et qui me veut du bien. Lorsque cette voix bienveillante parviendra à se faire entendre sans être noyée par les voix dissonantes, j’avancerai sur mon chemin de vie. Mon propre chemin.

 

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